Villes et climat : 100 recettes qui marchent

Publié le 7 Mars 2016

Villes et climat : 100 recettes qui marchent

Le C40 (organisation qui regroupe plus de 80 méga villes dans lesquelles vivent plus d’un demi-milliard de personnes) vient de mettre en ligne 100 actions ayant fait leurs preuves quelque part dans le monde dans la lutte contre le réchauffement climatique. Une invitation pour les maires et les administrations municipales à copier ce qui se fait ailleurs, voir à piquer les idées des autres.

« En tant que membres de C40, nos 83 villes comprennent la valeur de se voler mutuellement les bonnes idées pour catalyser et accélérer l'action en faveur du climat » a déclaré le 1er mars Shannon Lawrence directrice des initiatives globales du C40. Pour y contribuer son organisation vient de mettre en ligne onze Guides recueillant les meilleurs pratiques de villes « de toutes tailles géographies et niveaux de développement ». Téléchargeables en PDF ils portent sur les systèmes de BRT (Bus Rapid Transit, mal traduit par Bus à haut niveau de service), l’efficacité énergétique des immeubles municipaux, le développement urbain conçu autour de la mobilité, etc.

  • Le guide sur les « Cool Cities » part du constat que la température des villes est de 5º à 9º supérieure à celle des campagnes. Il donne, parmi d’autres, l’exemple du programme Eco-Roof lancé en 2009 par la ville de Toronto pour encourager les propriétaires à aménager les toits de leurs immeubles en y installant des plantes aussi bien que des panneaux reflétant l’énergie solaire. Le succès (dont les raisons sont étudiées dans chaque cas) est attribué ici aux règlements adoptés par la municipalité et au fait que le programme est autofinancé par une taxe payée par les promoteurs immobiliers.
  • Encourager l’économie circulaire, promouvoir la réduction des déchets et porter une attention spéciale à la nourriture jetée font partie des conseils donnés dans le guide intitulé Des déchets aux ressources. Il prend ses exemples à San Francisco, Milan, Yokohama, Hong Kong et Londres entre autres.
  • La planification stratégique d’Ho-Chi-Minh-Ville et celle de Melbourne, deux exemples de préparation à la montée des eaux. N’oublions pas que deux tiers des plus grandes villes sont sur des côtes.
  • Les multiples approches permettant de développer l’usage des véhicules peu contaminants (Low Emission Vehicles). Cela inclut la flotte de bus électriques De Shenzhen en Chine, le développement d’une infrastructure favorable (à Kyoto et Koto au Japon), la coopération public-privé de Paris (Autolib) et de Bruxelles), les primes données dans différentes villes des États-Unis comme à Oslo ou le travail sur le développement des batteries pour en réduire la taille (Amsterdam) ou en faciliter l’échange (Hangzhou).
  • La création de Mahindra World City à Jaipur en Inde ou celui de Barangaroo South à Sydney en Australie. Dans les deux cas il s’agit de quartiers nouveaux (le premier résidentiel et commercial, le second centré sur les affaires) conçus comme lieux de développement rapide ET respectueux de la volonté de multiplier les zones urbaines sans émission de gaz à effet de serre. Cela passe par le développement d’immeubles « positifs », de l’énergie renouvelable, l’utilisation des ordures comme ressources ou les véhicules peu contaminants.

Alors pourquoi la référence au vol ? En référence, sans aucun doute à cette fameuse phrase de Picasso selon laquelle « les bons artistes copient, les grands artistes volent » que Steve Jobs a complétée en disant « nous n’avons jamais eu honte de voler les excellentes idées ».

Améliorer nos villes, les rendre plus intelligentes, tient plus de l’art que de la science. Il faut oser tenter ce qui n’a jamais été tenté et copier ce qui a réussi. Et il faut le dire, l’encourager avec d’autant plus de conviction qu’il n’y a pas de copie sans adaptation, c’est à dire sans micro-innovation. Les villes les plus avancées ont parfois tendance à croire qu’elles ont un modèle à exporter, c’est à dire à vendre. C’est moins fréquent qu’elles ne le croient. Mais elles ont toujours quelque chose à montrer, à condition de s’ouvrir et de partager.

Mesdames et Messieurs les maires n’hésitez pas à dire que vous vous inspirez des idées des autres et que vous partagez les vôtres. Ça fait généreux, c’est efficace et… c’est intelligent.

Photo Wikimedia (Gravure anonyme. Selon la tradition, ces jardins n'étaient pas à proprement parler suspendus, mais installés en terrasses sur les toits du palais royal.)

Une version de ce billet a été publiée le 7 mars 2016 sur le site du Monde.fr.

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