Villes innovantes : construire 10 New York en 10 ans

Publié le 15 Janvier 2016

Villes innovantes : construire 10 New York en 10 ans

La Chine s’apprête à construire l’équivalent de 10 New York en 10 ans et il ne s’agit pas d’une fanfaronnade, mais de la réalité d’un pays pris dans une urbanisation galopante. Crise ou pas crise elle doit héberger le déplacement de centaines de millions de personnes en leur proposant des villes moins polluées que Beijing ou Shanghai. Un double défi qui ne peut être relevé qu’avec beaucoup d’intelligence. Et si la conscience du problème et les actions pour le résoudre sont plus nombreuses qu’on ne tend à le croire en occident, les mauvais exemples ne manquent pas. C’est le cas, notamment, de l’éco-ville de Tianjin qui fait trop de place aux pâtés de maison monumentaux. Ils poussent les habitants à s’accrocher à la possession d’un véhicule. Et rien ne garantit que les Chinois viendront s’y installer. Elle court le risque de se transformer en ville nouvelle fantôme et ne serait pas la seule. Une étude (2012) montre que les habitants des villes chinoises consomment 1,4 fois plus d’énergie que ceux des zones rurales.

Les taxis sont peut-être le futur des voitures sans chauffeurs dans la mesure où ils nous rapprocheraient d’une ville dans laquelle plus personne n’aurait besoin de posséder un véhicule. Vous avez le droit d’avoir des doutes mais ne pouvez ignorer que Google et Ford travaillent dans ce sens. Il en va de même de GM et de Lyft (le grand rival d’Uber). Pourquoi ? Parce qu’une course sans chauffeur coûte moins cher qu’une course avec et que la rentabilité d’une telle flotte semble assurée si l’on en croît la première modélisation faite sur le sujet. Autre inconnue : mais à qui les chauffeurs de taxis parisiens vont-ils pouvoir casser la gueule ?

Ses maisons à demi finies ont valu le prix Pritzker à l’architecte chilien Alejandro Aravena. La puissance de l’idée tient d’abord à son utilité sociale. Elle permet à son cabinet Elemental de livrer des logements moins chers qui peuvent croître à mesure que la situation de ses habitants s’améliore ou qu’ils trouvent les ressources pour s’étendre (photos). C’est utile en milieu défavorisé mais aussi après une catastrophe comme le tremblement de terre ayant détruit la ville de Concepción au Chili en 2010. C’est aussi une manière de redonner aux bâtiments et aux logements une fluidité qui correspond aux besoins de notre époque et que la pierre ne possède pas naturellement.

L’expansion des villes peut tuer comme le montrent les 140 fermiers et étudiants ayant trouvé la mort alors qu’ils protestaient contre le « master plan » d’agrandissement d’Addis Abeba, en Éthiopie. Le gouvernement vient de renoncer à son projet mais certains activistes considèrent que la mesure est « insuffisante et arrive trop tard ». Et rien n’indique que la situation se calme dans la mesure où il s’agit, aussi, d’un conflit entre l’élite dirigeante et la majorité de la population qui appartient au groupe ethnique Oromo.

Les Madrilènes participent à la transformation de leur ville grâce, notamment à la multiplication des Laboratoires citoyens à propos desquels Raphaël Besson, directeur de Villes innovations publie un passionnant reportage dans UrbaNews.fr. « Ces lieux d’innovation citoyenne », explique-t-il, « se sont développés dans les espaces vacants de Madrid et n’ont pas fait l’objet d’une stratégie de planification de la ville. Ils sont davantage issus de l’élan spontané de citoyens ordinaires et de collectifs souvent très qualifiés, oeuvrant dans les domaines de l’économie collaborative, du numérique, de l’écologie urbaine ou de l’urbanisme social. Ces Laboratorios ciudadanos constituent aujourd’hui les supports d’expérimentation de nouveaux modes de gestion et de fonctionnement de la ville. Leurs cadres de réflexion et leurs modes d’action se structurent autour de la thématique des « communs », et d’un ensemble de travaux de recherche, comme ceux du prix Nobel d’économie Elinor Ostrom ».

Plusieurs rues pourraient être rebaptisées au nom de David Bowie à Berlin (où il a vécu), Londres ou ailleurs. Des pétitions commencent à circuler en ce sens. Selon CityLab, une telle décision pourrait être appliquée à différents chanteurs et artistes proches du cœur des gens. Elle est particulièrement justifiée dan le cas de Bowie né dans une banlieue grise qui chantait la gloire des révolutionnaires urbains.

Les cyclistes devront arborer un drapeau orange flottant a près de 5m du sol (15 pieds) pour qu’ils soient visibles de trèèèèèèèèès loin. Il sera aussi fluorescent. Telle est la mesure proposée par un politicien du Missouri, aux Etats-Unis. La nouvelle ne dit pas si le véritable objectif de cette mesure est de les protéger des grosses SUV qui foncent ou de les dissuader de prendre la route avec un tel mât qui risque bien de les renverser au moindre coup de vent.

Photo : Jakob Montrasio/CC BY 2.0 (Immeubles d'appartements dans la ville de Tianjin)

Une version de ce billet a été publiée sur le site du Monde.fr le 15 janvier 2016.

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