Point de non retour pour les énergies renouvelables ?

Publié le 20 Janvier 2016

Point de non retour pour les énergies renouvelables ?

Le prix du pétrole baisse et ça devrait continuer. Tous les consommateurs que nous sommes s’en réjouissent. Reste à savoir quel impact cela peut avoir sur le développement des énergies alternatives et leur adoption par les villes. L’actualité est plutôt encourageante.

2015 est une année record. La capacité mondiale de production d’énergies renouvelables a augmenté de 30% par rapport à 2014 (64 GW pour l’éolienne et 57 GW pour la solaire). 329 milliards de dollars US ont été investis dans le monde dans ce secteur, une augmentation de 4% par rapport à 2014, 3% de plus qu’en 2011, la meilleure année jusqu’à présent. Cette poussée se doit largement aux investissements faits en Chine, aux États-Unis, en Amérique Latine, en Afrique et en Inde. « Ces chiffres sont une réponse stupéfiante à tous ceux qui attendaient que les investissements dans les énergies propres s’arrêtent du fait de la chute des prix du pétrole » a déclaré un des responsables de l’étude réalisée par Bloomberg New Energy Finance.

Même le monde arabe s’y met avec le développement des éoliennes au Maroc et la décision d’Abu Dhabi de se transformer en centre de développement des énergies renouvelables note le Dr Ahmad Belhoul responsable de la ville nouvelle (et qui se veut smart) de Masdar. Une évolution qui devrait se maintenir « indépendamment des variations futures du prix du pétrole ». Argument économique de poids, le financement indispensable à la création d’installations adéquates devient « un risque attractif par rapport aux installations habituelles ». Cela est dû au fait que la rentabilité échappe en grande partie aux variations des prix des matières premières.

Tout n’est pas rose pour autant dans la mesure où le bas prix du pétrole peut ralentir le recours aux énergies vertes dans le transport, même s’il a aussi pour avantage non négligeable celui de rendre moins attractif l’extraction par fracking, nocive pour l’environnement.

Mais, au total, ces « bonnes nouvelles » devraient encourager les villes à poursuivre leurs efforts pour passer à 100% d’énergie renouvelable d’ici 2050 comme se sont engagés à le faire les près de 1000 maires réunis à Paris pendant la conférence COP21.

Un nombre croissant d’entre elles avancent dans la bonne direction un peu partout dans le monde. Burlington dans le Vermont, aux Etats-Unis, annonçait au début de l’an dernier qu’elle était la première ville américaine à fonctionner à 100% sur l’énergie renouvelable. En août le Togo affirmait que 143 chefs lieux de canton seraient bientôt équipés de 13.000 lampadaires solaires.

En novembre 2015, Paris s’engageait à exiger de ses fournisseurs une électricité verte à partir du 1er janvier 2016. « Par la commande publique, les villes peuvent activement contribuer à l’essor de la filière des énergies renouvelables », a expliqué au Monde Célia Blauel, adjointe (EELV) chargée de l’environnement et du développement durable. Dès cette année l’éclairage public et des bâtiments municipaux devrait être assuré sur cette base.

Il faut que ça dure…

Pour en savoir plus sur les villes et les énergies renouvelables, vous pouvez regarder cette vidéo de Sylvain Rode, maître de conférence à l’Université de Perpignan.

Photo DAGENCY (Installation d'éclairage public en Guinée par Akon Lighting Africa)

Une version de ce billet a été publiée sur le site du Monde.fr le 20 janvier 2016.

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François 28/02/2016 08:36

Dès cette année l’éclairage public et des bâtiments municipaux devraiENt être assuréS sur cette base.

Amicalement