Toulouse, Montpellier, Lausanne : effervescence participative

Publié le 8 Juillet 2015

Toulouse, Montpellier, Lausanne : effervescence participative

Toulouse, Montpellier, Lausanne je viens de passer par ces trois villes où j'ai trouvé une effervescente participative et des agitateurs de qualité qui font du bien.

A Toulouse La Mêlée Numérique vient de fêter ses quinze ans. Animée par Édouard Forzy elle a pour objectif de faciliter ce qu'on appelle maintenant (pas en 2000) "la transition". Initiative venue d'en bas elle se complexifie à mesure que la pratique du digital se répand, prend de l'ampleur et bénéficie de l'initiative French Tech. : "Elle dynamise l’écosystème des acteurs du numérique, en organisant par exemple des événements ciblés, mais aussi en travaillant des problématiques d’innovation avec des institutionnels, des grands groupes, et des startups," expliquait Marion Moreau en 2013 sur FrenchWeb.

Parmi les multiplies évènements, tables rondes et autres keynotes du 15ème anniversaire ("400 conférenciers, 150 exposants, 400 rendez-vous, 70 ateliers et conférences, 110 démonstrations" nous dit La dépêche), j'ai beaucoup apprécié Hack the city. Il s'agit d'un hackathon civique très ouvert sur une structure participative sophistiquée organisée par le Laboratoire des Usages qu'anime Carole Maurage en partenariat avec la métropole.

Les 17 défis lancés allaient de "Comment permettre l’accès à un habitat innovant, écologique et diversifié" ? à "Comment réinventer le financement des projets de la ville afin d’y faire participer les citoyens" ?

Trois projets ont été récompensés : "Well'Home est une plateforme de services d'aide administrative au déménagement. Appli Park est une application cartographiant les places de stationnement disponibles en ville. Voice Up est une plateforme de dialogue et d'aide à la décision entre élus et citoyens, au travers des comités de quartier."

Montpellier, la rivale-associée à Toulouse par les caprices du prince, semble dominée par la campagne du maire, Philippe Saurel qui, fort de sa récente victoire imposée à Paris pour faire de sa ville une métropole, veut en faire un modèle de démocratie participative (voir entrevue [mettre le lien ici]).

Mais la réalité est infiniment plus riche explique Marie-Laure Vie, consultante qui a participé aux premiers pas de la FrenchTech locale. Après m'avoir déclaré "Je me méfie de la préemption de la sémantique citoyenne par les politiques", elle m'a présenté MultiBaO.org. C'est une "technologie collaborative" dont un des animateurs, Thomas Wolff, m'a expliqué qu'il s'agit d'une "grosse boîte à outil (BaO) sous licence libre d'animateurs de réseaux". Ils sont 80 en France et en Belgique qui mutualisent connaissances et retours d'expériences sur "comment on fait pour s'organiser ensembles".

Mon tour s'est terminé à Lausanne site d'un projet impressionnant de démocratie participative organisée par la municipalité. Imaginé en 2006, lancé en 2007, Métamorphose a pour objectif de déplacer quelques installations sportives devenues inadéquates et de créer 16.000 logements (et emplois) dans deux éco-quartiers.

La caractéristique la plus impressionnante est sans doute la durée. Le projet a survécu à trois municipalités (avec les ajustements nécessaires) et continue son bonhomme suisse de chemin.

"Il est indispensable de comprendre le contexte" m'a expliqué Pierre Imhof responsable de Métamorphose jusqu'en juin dernier. "La France est un peu à l'origine de l'idée de participation, mais elle l'applique à de grands projets. Nous le faisons à un niveau plus petit. Le système est plus lent mais plus sûr. Il est important de se donner des temps de respiration dans ces démarches participatives". Et d'ajouter avec un sourire : "Vous pouvez peut-être apprendre quelque chose de la lenteur suisse".

Comme pour la démocratie politique dont le vrai test est l'alternance, la preuve qu'on est bien en démocratie participative citoyenne est donnée quand les dirigeants sont obligés de revoir leur copie, de modifier leurs plans. "Nous avons dû faire face à de très fortes remises en question" explique Imhof. "A des critiques qui nous ont obligé à des améliorations".

Photo Flickr

Cet article a été publié par La Tribune le 8 juillet 2015.

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