TIC et villes peuvent aider à relever le défi climatique

Publié le 10 Juin 2015

TIC et villes peuvent aider à relever le défi climatique

En cette année d'échanges (marquée par la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre) sur les meilleures manières de relever le défi climatique nous serons bien obligés de nous demander quel rôle peuvent jouer les villes. Premier changement nécessaire : arrêter de prendre le problème sous l'angle "c'est de là que vient le plus grave". Nous avons plus de chance d'avancer en disant : "c'est en réduisant l'impact urbain sur le climat que nous avons le plus de chance d'être efficace".

Première conséquence, au lieu de s'interroger sur la production d'énergie on commence à se demander comment économiser celle qu'on utilise.

L'approche traditionnelle dominante consiste à chercher des sources d'énergie propres et renouvelables comme la solaire ou l'éolienne sans oublier la biomasse et l'énergie des marées ou des volcans, parmi d'autres. Il s'agit chaque fois de se demander celle qui pollue le moins (directement et indirectement), et celle qui coûte le moins cher.

La nouveauté consiste à mettre l'accent sur l'impact que pourrait avoir une meilleure gestion de l'énergie utilisée et donc sa réduction. Il ne s'agit pas seulement de demander aux utilisateurs de faire plus attention. L'idée centrale est d'utiliser les technologies de l'information pour consommer plus intelligemment. Les perspectives sont très encourageantes.

Ici encore nous avons plusieurs approches… compatibles.

La première, très générale, consiste à mettre en place des "smart grids", c'est à dire des réseaux intelligents de distribution d'électricité.

Ils reposent sur trois principes essentiels.

D'abord on rapproche la production de la consommation au lieu de la centraliser et de la faire circuler sur de grandes distances.

Ensuite on intègre de multiples sources, dont les consommateurs, pour qu'ils puissent partager leur production avec le réseau.

Enfin on utilise les logiciels et les technologies de l'information pour mieux gérer l'ensemble.

Wikipedia (français) nous explique que, je cite : "L'apport des technologies informatiques devrait permettre d'économiser l'énergie en lissant les pointes de consommation et en diminuant les capacités de production en pointe qui sont les plus coûteuses, de sécuriser le réseau et d'en réduire le coût".

Le vrai bouleversement consiste à transférer une partie de la décision et de la responsabilité sur les marges, c'est à dire au niveau des utilisateurs en leur donnant plus d'autonomie et plus de moyens d'action.

L'Italie nous fournit un autre exemple de ce qui peut être fait. ENEL, une très grosse multinationale de l'énergie, et l'opérateur Telecom Italia ont passé un accord pour tirer parti des synergies possibles entre leurs deux réseaux qui pourtant sont bien différents.

Au niveau des municipalités, la ville de Nice participe à CityOpt, une expérience européenne participative. Parmi les éléments on note le recours à un réseau social qui permettra à l'EDF de suggérer aux usagers des réductions de consommation pendant les périodes de pointe.

On voit aussi l'émergence de nouvelles technologies comme celles proposées par ces deux startups américaines.

Radiator Labs aide à réduire l'utilisation inefficiente du chauffage. La compagnie affirme pouvoir aider à réduire la consommation énergétique de 40% dans le nord des États Unis et au Canada.

De façon complètement différente – ce qui illustre la multiplicité des processus envisageables – Blocpower aide les bâtiments de quartiers défavorisés à se réunir pour mettre en place un programme commun de réfection. Cela devrait permettre aux écoles, aux églises et aux logements sociaux d'obtenir des crédits auxquels, séparément, ils n'auraient pas accès.

Il ne s'agit que d'exemples. Une flopée de startups proposent des solutions différentes, par exemple en installant de l'intelligence dans les prises de courant pour contribuer à mieux gérer la consommation.

Ce qui compte c'est d'aborder le problème sous différents angles et de tirer le meilleur parti de chacun. Aucune "solution" n'est, à soi seule une panacée, mais prendre l'approche traditionnelle par l'autre bout, c'est à dire par les villes et par la consommation peut aider…

Photo Flickr

Cet article a été publié par La Tribune le 10 juin 2015.

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