L'innovation dans la ville

Publié le 17 Février 2014

Et maintenant : les villes dans leur effort pour devenir « intelligentes » ou, mieux sans doute, dans leurs utilisations innovantes des technologies de l'information et de la communication pour améliorer nos vies. C'est à cela que je vais consacrer les mois qui viennent en commençant, aujourd'hui, par un petit tour du monde à dominante asiatique. Mais pourquoi ?

  • J'ai commencé, en 1996, par couvrir l'industrie des TIC dans la baie de San Francisco. Par curiosité. Dans l'espoir de comprendre de quoi il s'agissait. J'y ai appris la versatilité des outils et constaté la force de la volonté d'entreprendre. Mais il s'agit, trop souvent, de gens qui n'ont d'yeux que pour leur nombril et qui tendent à le voir comme le centre du monde.
  • De retour en France en 2010, je me suis intéressé à l'innovation telle qu'elle surgit dans le monde entier. L'idée – j'y vois plus clair a posteriori – consistait à mesurer l'impact des TIC comme multiplicatrices de forces dans tous les domaines où elles sont utilisées. Partout où je suis allé (45 villes dans 32 pays), j'ai trouvé des gens qui les adoptaient pour changer un petit pan de leur univers. Une palette extrêmement ouverte où se croisent hommes et femmes d'affaires, entrepreneuses et entrepreneurs sociaux, mais aussi activistes de toutes sensibilités et toutes « missions ».
  • Et maintenant, je centre mon attention sur les villes, pour la bonne raison que c'est là que l'impact des technologies sur les sociétés est, à la fois le plus facile à appréhender et le plus important. Mobilité, préservation de l'environnement, développement durable, nouveaux types de socialisation, économies d'un nouveau genre (partage par exemple) : tout peut être revu, corrigé et relancé sur des bases innovantes au niveau de la ville.

Plus de la moitié de la population mondiale vit maintenant dans les villes dont nous serions tous ravis qu'elle s'améliorent et deviennent - pourquoi pas ? - plus intelligentes. C'est ce que nous proposent les plus grosses entreprises du secteur (Cisco, IBM, Schneider Electric et quelques autres) qui y voient le plus gros marché informatique des prochaines années (20 milliards de dollars en 2020). Mais leur approche semble souffrir d'au moins trois faiblesses :

  • une conception simpliste des TIC qui ne correspond pas à la complexité inhérente aux agglomérations humaines ;
  • une tendance à ignorer que les dynamiques urbaines les plus fortes se jouent dans des espaces souvent informels et plus difficiles à cerner, des quartiers aux villes-régions ;
  • une forte propension à ignorer la participation des citoyens, dans le design des espaces dans lesquelles ils vivent et produisent.

L'idée est donc d'enquêter sur comment les villes, à des niveaux différents de maturité dans l'adoption des TIC, innovent pour améliorer et la vie des citoyens (la partie « Citynnovation » du projet) et comment ces derniers y participent, ou pas (la partie « Participolis ». Premières étapes : Las Vegas, Songdo en Corée, Singapour, Hyderabad et Masdar (Abu Dhabi).

L'innovation dans la ville
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Gorissen Guido 02/03/2014 19:16

votre approche est la bonne pour étudier "l'intelligence" des villes à travers l'aspect de l'utilisation des Tics.
Cependant je me permets et vous soules un bref commentaire sur le contenu du copié-collé de votre écrit que voici :

1. une tendance à ignorer que les dynamiques urbaines les plus fortes se jouent dans des espaces souvent informels et plus difficiles à cerner, des quartiers aux villes-régions ;
2. une forte propension à ignorer la participation des citoyens, dans le design des espaces dans lesquelles ils vivent et produisent.

je pense que la population déterminée par la note 2 est incluse dans celle définie par la note 1;
pour moi la plus grande faiblesse est celle d'ignorer l'espace de l'informel. Similairement l'activité informelle est souvent absente dans les statistiques financières et économiques surtout celles des pays émergents.
Pourtant l'univers informel fourmille d'imagination, d'innovation et de simplification du fonctionnement économique, financier et administratif. L'informel est une activité souterraine à celle du formel. J'ai pu l'observer depuis que j'évolue en Afrique noire, de 1956 à aujourd'hui.

Cordialement.