Citynnovation : en quête des villes innovantes de par le monde

Publié le 17 Février 2014

Citynnovation : en quête des villes innovantes de par le monde

J'écris cette chronique dans l'avion qui m'emmène vers Las Vegas, première étape d'un tour du monde de villes intelligentes, ou, pour être plus précis, de l'effort fait par certaines villes pour mieux utiliser les technologies de l'information et de la communication afin de nous faciliter la vie. J'ai choisi des villes à des degrés divers de développement dans ce domaine et dans des pays différents.

Nous pensons tous connaître de Las Vegas et savoir ce qui s'y trame tous les jours. Casinos, bonne bouffe pas cher et shows à n'en plus finir dans un cadre toc mais rutilant. Elle est aussi une ville en pleine transformation grâce à un entrepreneur qui a fait fortune en vendant des chaussures sur le web. Tony Hsieh (Zappos.com) s'est mis en tête de transformer le centre ville déliquescent en un espace d'innovation et de startups.

Je me demande jusqu'où peut aller cette initiative d'un individu (et non d'une institution) qui a les moyens et semble prêter grande attention à la communauté dans laquelle il s'insère.

Après une étape à Silicon Valley pour assister à une conférence sur les écosystèmes d'innovation, j'irai à Songdo, en Corée du Sud. Il s'agit d'une ville construite au sud de Séoul à partir de rien sur une zone gagnée sur la Mer Jaune.

L'affaire est menée cette fois par un cabinet d'architectes américains (Gale International) en accord avec le gouvernement coréen et en partenariat avec une corporation locale, Posco. Tout un programme. L'intéressant, dans ce cas est de voir jusqu'où on peut aller quand on construit aujourd'hui une ville à partir de rien. Peut-on y introduire de la vraie vie ? A quel prix ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles j'essaierai de répondre.

De là j'irai à Singapour, ville-État de 5,4 millions d'habitants qui a compris depuis longtemps que l'utilisation massive et systématique des TIC était, sinon la seule, du moins une des solutions les plus évidentes pour les petits qui veulent survivre dans un monde de géants (entre la Chine, l'Inde et l'Indonésie). Je n'ai aucun doute sur les moyens mis en œuvre, mais la question qui se pose est de savoir jusqu'où le recours aux technologies, la multiplication des connexions, l'appel aux innovateurs de la région et l'installation d'une infrastructure sophistiquée peuvent continuer à pousser Singapour de l'avant. Il faut également se demander si le contrôle politique qui caractérise le pays depuis longtemps va s'opérer maintenant par l'intermédiaire des TIC. Ou, en tous cas, dans quelle mesure ?

Changement de décor, l'étape d'après sera Hyderabad, la sixième agglomération de l'Inde (7,75 millions d'habitants selon Wikipedia) et largement plus peuplée que Singapour. Ville historique, elle joue un rôle important dans le développement des TIC de ce géant asiatique. Après y être passé trop vite lors de mon tour du monde de l'innovation, je me demande dans quelle mesure les technologies peuvent transformer, véritablement et profondément un univers aussi complexe et aussi massif. C'est en quelque sorte l'autre pôle de la problématique telle qu'elle peut être abordée dans les villes construites à partir de rien comme Songdo, mais aussi, Masdar la dernière étape de ce voyage.

Ville totalement nouvelle en création dans le désert d'Abu Dhabi, Masdar promet une consommation énergétique et une émission de déchets nulles. C'est l'autre cas permettant de mesurer le potentiel et les limites des villes intelligentes construites à partir de rien dont Adam Greenfield s'est fait le critique dans son pamphlet Contre les villes intelligentes.

Ce premier tour d'un mois n'est que le début du projet que j'appelle « Citynnovation ». Portant sur un peu plus d'un an, il vise à répondre à une question simple : jusqu'où et sous quelles conditions les technologies de l'information et de la communication peuvent-elles contribuer à améliorer les conditions de vie dans les villes... où vivent maintenant plus de la moitié des humains.

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Crédit photo : Moyan Brenn/CC

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Gorissen Guido 01/03/2014 17:45

Passionnant votre projet.
Je le suivrai depuis Kati, une petite ville située à 15 km de Bamako au Mali
où je réside en tant que citoyen français à la retraite.
Cela me rappellera la période estudiantine à Kinshasa (1960-1966)
les communications sur les ondes courtes dédiées au radio-amateurs en utilisant une station (GQ5GU)
que j'avais construite moi-même.
J'étais étudiant en polytechnique, courant faible à Kinshasa.

Bon voyage, bonne découverte, suis passionné par les TIC's
Cordialement.