2014 : Bitcoin, robots et méfiance croissante

Publié le 24 Décembre 2013

2014 : Bitcoin, robots et méfiance croissante

2013 finit en beauté avec la 10e itération de LeWeb, la conférence de technologies la plus importante d'Europe. Une fabuleuse occasion de faire le point sur ce qui se passe dans le monde des TIC (en Europe et aux États-Unis en tous cas). Et, le chiffre s'y prêtant, le thème retenu était celui des « 10 prochaines années ». Mais, la prévision étant un art élusif, les orateurs nous ont davantage parlé de leur prochain produit que du futur.

Prendre sa douche avec des Google Glass

Même Robert Scoble, qui prend sa douche avec des Google Glass et se spécialise dans la détection des tendances, s'est fait accompagner d'un développeur d'application pour iPad (Eightly.com), séduisante mais dont on imagine mal qu'elle ait un grand impact sur le futur.

Il a quand même retenu 5 « forces » qui, selon lui, marquent le moment (à défaut des dix prochaines années) : les capteurs, l'informatique qu'on porte sur soi (wearable), la géolocalisation, le « social » qui continue à croître de façon « exponentielle » et la data dont personne ne parle plus sans la faire précéder du qualificatif « big ».

Ce qui compte, ce sont les grandes évolutions de la société

Tapant plus haut, le capital risqueur Fred Wilson a fait part du cadre qu'il utilise pour choisir ses investissements. Ill parle de sa boutique, mais son mérite est de le faire en regardant un peu plus loin que les technologies qu'on lui propose. « Ce sont les grandes évolutions de la société qui comptent », a-t-il précisé en guise d'introduction.

Il en retient trois (bien résumées par Doc Searl du Cluetrain Manifesto). La première est le« passage des hiérarchies bureaucratiques aux réseaux animés par les technologies ». Twitter, par exemple, « remplace le journal ». Tout le monde est capteur et distributeur d'informations. L'éducation change avec des services comme CodeAdademy pour le code et DuoLingo pour les langues.

La seconde méga-tendance est le « dégroupage des produits et des services ». Ils ne sont plus vendus en paquets (comme les morceaux de musique dans les CD d'hier) mais un par un. Même les banques commencent à être touchées et leurs services déconstruits.

Nous sommes tous des "nodes"

Troisième tendance : tous connectés entre nous par nos smartphones, nous sommes des « nodes », des points sur les réseaux. Hailo, par exemple, une application britannique pour trouver les taxis, connecte un utilisateur avec un chauffeur de taxi, lui aussi connecté.ScienceExchange, un marché online de la collaboration scientifique, montre que ça affecte même la recherche.

Comme dans toutes les discussions sur les tendances, on a parlé à LeWeb d'internet des objets, des imprimantes 3D et du Big Data. Ça n'est ni la première, ni la dernière fois.

Le Bitcoin, plus qu'une monnaie, une idéologie révolutionnaire

L'important avec Bitcoin, la monnaie virtuelle qui a fait l'objet d'une discussion, n'est pas sa valeur du moment ou sa possibilité de réussite. Retenons que c'est une plateforme adaptée à l'internet que personne ne peut contrôler et, comme le fait remarquer un récent article du New York Times, qu'il s'agit en fait d'une idéologie… visant à révolutionner les monnaies et le contrôle qu'exercent sur elles les banques.

En dehors de la conférence, j'ai été frappé par l'achat de l'entreprise de robots militaires Boston Dynamics par Google qui a déjà des voitures sans chauffeur et des robots capables de livrer des paquets. Ils courent plus vite que nous, peuvent nous aider au quotidien, faire la guerre à notre place ou prendre notre travail. Ils le feront de plus en plus.

L'univers mobile de plus en plus influencé par l'Asie

J'ajoute qu'en 2014, il sera difficile d'ignorer que cet univers mobile dans lequel nous nous mouvons sera de plus en plus influencé par l'Asie et des entreprises comme Kakao Talk, Line et WeChat.

Mais ce qui manquait peut-être le plus dans cette grand messe rondement menée qu'est LeWeb, c'est la montée des inquiétudes face aux conséquences inattendues de nos utilisations des technologies de l'information et de la communication.

Je rencontre de plus en plus de technophiles qu'inquiète le manque de respect du NSA et le contrôle sans partage de Google ou de Facebook sur nos données personnelles. Ni les gouvernements, ni les grandes entreprises ne pourrons l'ignorer longtemps. C'est, en tous cas, ce que nous pouvons souhaiter, et exiger.

A lire aussi sur le site de la Tribune

Crédit photo : CCC/Wikimedia commons/The Polish

Commenter cet article