La confiance, un ingrédient essentiel à l'innovation

Publié le 24 Octobre 2013

La confiance, un ingrédient essentiel à l'innovation

Tu veux nous parler aujourd'hui de la confiance comme clé du succès des startups et de l'innovation

L'un des secrets officiels de Silicon Valley est la confiance dans les autres, base de toute coopération. Elle explique que les guerres entre rivaux peuvent se transformer en coopétition - c'est-à-dire collaboration entre compétiteurs - et peut être illustrée avec la curieuse pratique du "pay forward", une expression américaine qui a besoin d'explication puisque la traduction littérale en est impossible.

"Pay forward" – littéralement : payer en avant - est l'inverse de "pay back" – littéralement : payer en arrière qui se traduit par "rembourser". Cela consiste à rendre un bienfait -- non pas à celui qui vous l'a donné -- mais à quelqu'un d'autre. Il ne s'agit donc pas de rembourser mais, plutôt de "transbourser".

Apparue en 317 avant notre ère dans "Le râleur", une comédie grecque, l'idée à été reprise en 1784 par Benjamin Franklin qui y voyait, entre autres vertus, celle de faire "une bonne dose de bien avec peu d'argent".

Elle semble avoir joué un rôle important parmi certains conquérants de l'Ouest, obligés de faire confiance aux autres membres des caravanes avec lesquelles ils se lançaient dans l'inconnu… vers ce qui allait devenir la Californie.

L'image est en effet assez forte mais est-elle encore d'actualité?

C'est très curieux, mais les États-Unis et le Canada sont en ce moment la proie d'une "vague" de "pay forward", notamment dans les "drive through" ces restaus où l'on achète son repas sans sortir de sa voiture.

Il est fréquent, selon le New York Times, que le geste soit repris d'un client à l'autre. Le record est de 228 chauffeurs qui ont, sans interruption, payé pour le suivant.

Explication des experts: c'est une façon de combattre les mauvaises nouvelles – blocage à Washington, espionnage de la NSA, guerre civile syrienne – et de montrer que nous ne sommes pas tous mauvais.

C'est curieux, effectivement, mais qu'est-ce que ça a à voir avec Silicon Valley?

Le "pay forward" est, selon Victor Hwang, entrepreneur de la Silicon Valley, au cœur de ce qui distingue sa région du reste du monde. Il y voit l'une des premières règles à suivre pour créer un système innovant dans lequel, loin d'administrer l'innovation, on réunit les conditions nécessaires à son apparition et on laisse – largement – faire.

Il précise qu'il ne s'agit pas de charité car les gens qui la pratiquent sont convaincus que "ça leur reviendra", un peu dans le sens du karma de bien des religions asiatiques.

Il en fait la base du "contrat social" qu'il propose a tous ceux qui veulent créer une culture de l'innovation. Si je veux y participer je dois m'engager à transbourser tous les bienfaits dont je suis l'objet", ainsi "pour toute heure de conseil que je reçois, je m'engage à donner une heure de conseil à quelqu'un d'autre". Mais surtout "Je ferai confiance aux autres avant d'attendre de recevoir leur confiance."

On dirait un film mièvre d'Hollywood plus qu'un conseil de création d'entreprise…

Je suis sceptique en effet face à tous ces récits roses concernant l'ambiance des milieux d'affaires à Silicon Valley. Mais, quand je lui ai demandé comment il conciliait la notion de "pay forward" avec le fait que le livre préféré des acteurs de la région est l'Art de la guerre de Sun Tsu, Hwang m'a répondu que le livre, je cite :

"traite des comportements pour résoudre des problèmes, depuis la collaboration jusqu'à la confrontation. Et Sun Tzu insiste sur le fait que trouver les moyens de résoudre les problèmes par la collaboration est beaucoup plus productif." Fin de citation

Je rappelle que Hwang est le théoricien de la forêt tropicale comme le type d'écosystème propice à l'innovation dont nous avons parlé récemment.

J'ai trouvé son argument assez convainquant. Je pense, en tous cas qu'il mérite réflexion, surtout en France et dans les pays de culture française où nous nous défions de tout et où les râleurs abondent. Rappelle toi que tout est venu d'une pièce de théâtre dont c'est le tire.

Quand au fond, même si ça ne m'est pas vraiment naturel, je préfère ces gestes généreux et confiants transmis à des inconnus à la formule – dont j'apprécie l'humour : un bienfait ne reste jamais impuni

J'en ai cherché l'origine, sans succès, et je serais reconnaissant à nos auditeurs s'ils pouvaient nous aider à la trouver…

A lire aussi sur le site de l'atelier des médias, émission de RFI

Crédit photo : CC/Bart Everson

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