Ces applications mobiles qui donnent le pouvoir aux citoyens

Publié le 29 Octobre 2013

Ces applications mobiles qui donnent le pouvoir aux citoyens

Le problème le plus délicat des smart cities est probablement celui de la participation citoyenne. Installer l'infrastructure, offrir des services, utiliser la population pour fournir des informations, tout cela est relativement facile à concevoir et à mettre en place. Mais faire participer activement la population est incomparablement plus compliqué. Sauf peut-être quand il s'agit de sa sécurité.

La première fois que j'ai entendu l'idée, c'était il y a deux ans, à Accra, au Ghana, dans la bouche de Hernan Chinery-Hesse, connu comme le "Bill Gates africain". A côté de ses projets majeurs comme ShopAfrica53.com, une sorte d'eBay continental destiné à aider les petits commerçants et artisans à vendre dans le monde entier, il avait l'idée d'une application antivol.

Il suffirait, m'avait-il expliqué de pouvoir communiquer d'un clic avec ses voisins en cas d'attaque. La solidarité et la peur d'être, à leur tour, victimes seraient suffisants pour qu'ils se mobilisent instantanément.

A Beyrouth, Jouwar.com s'en prend à un autre problème – terrible localement – celui des nids de poule. Le fondateur, Elie Abou Saad s'était rendu compte qu'ils étaient la source d'un grand nombre d'accidents en travaillant comme volontaire pour la Croix-Rouge. Son site invite passants et automobilistes à prendre en photo ceux qu'ils trouvent et à les mettre en ligne. Leur objectif est de prévenir leurs concitoyens de ce qui les attend sur certains itinéraires et de faciliter – sans trop d'illusions - l'intervention et la réparation.

Mais comme il n'est pas rare dans ce pays d'avoir à affronter des dangers encore plus redoutables, les Libanais ont même mis au point des apps - Ma2too3a ou WayToSafety - pour se signaler les manifestations, coups de filet, et autres affrontements armés et, ainsi, les éviter. Elles sont essentiellement alimentées par les gens eux-mêmes.

La participation semble moins intéresser les Étatsuniens. En tous cas elle n'est pas au cœur de certaines applications populaires. CiviGuard.com est une plateforme très techno qui permet aux institutions reconnues (municipalité, écoles, stades ayant besoin d'évacuer, etc.) d'envoyer des SMS de façon efficace en cas de crise. L'application iWitness permet d'enregistrer ce qui se passe dès qu'on est confronté à une situation potentiellement dangereuse, et de se connecter à 911, le service national d'urgence.

Lancée par trois Boliviens installés au Chili, CityHero.es présente un mélange de hard, de soft et de crowd particulièrement intéressant. Comme certaines des autres applications mentionnées, il s'agit d'offrir une technologie capable d'aider les gens à s'entraider pour faire face à des situations particulièrement difficiles. Mais l'astuce, expliquée lors d'un entretien réalisé sur Skype avec David Ponce, l'un des trois fondateurs, consiste à intégrer la participation de volontaires liés à des organisations existantes.

Ils sont 47.000 qui aident les pompiers de Santiago du Chili, et ceux qui veulent contribuer au bon fonctionnement de la coupe du monde de foot au Brésil pourraient être encore plus nombreux. "Les gens sont impliqués avec des organisations locales de ce type. Ils voient un intérêt à ce qu'ils peuvent faire avec elles," m'a expliqué Ponce.

"Ils peuvent informer sur ce qui leur paraît important. C'est comme un jeu qui ne serait pas un jeu," précise-t-il. Ils participent au moyen d'une application spécifique mais aussi de Twitter, de Facebook, de SMS. L'idée, selon Ponce, est de "transformer chaque téléphone mobile en outil de soutien et de prévention". Et comme il s'agit d'une startup qui veut "inspirer les gens sans oublier l'aspect économique," CitiHero.es vend les métriques et l'analyse des données aux institutions en s'appuyant sur tout le big data recueilli grâce à la participation.

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Crédit photo : Jouwar.com

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