Ne pas innover est dangereux pour les entreprises

Publié le 7 Juin 2013

Tu veux nous parler de plusieurs études utiles à ceux qui veulent entreprendre...

En matière d’innovation, la peur du risque est dangereuse explique Accenture dans une étude récente portant sur 519 entreprises ayant des revenus supérieurs à 100 millions de dollars aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France.

La réalité s’éloigne des intentions :

  • 18% en font leur première priorité. 51% ont augmenté leur budget en 3 ans. 60% ont maintenant un Chief Innovation Officer.
  • Mais 18% seulement croient que leur stratégie leur donne un avantage compétitif.

En conséquence de quoi le nombre d’entre elles pour qui l’objectif est la quête d’innovations disruptives a baissé de 30% à 26%.

  • La tendance est aux « rénovations » de type incrémental limitées à des lignes déjà existantes.
  • Elles aggravent leur cas en pariant plus sur les inventions (limitées aux produits et à la technologie) plutôt que de privilégier les approches holistiques impliquant l’ensemble de la société et de ses activités.

Accenture qualifie cette évolution de « stratégie potentiellement périlleuse » et ajoute un conseil pour le même prix : l’innovation frugale est une bonne façon de gagner les marchés émergents, mais aussi d’être plus agile et potentiellement disruptif sur les marchés établis.

Tu en as une autre, je crois qui souligne l’importance d’avoir une vision de ce qu’on veut faire

Les entreprises qui n’ont pas de vision (le mot anglais est, en l’occurrence, purpose qui est un peu moins sec que « but » ou « objectif » et un peu moins fort que « raison d’être ») gagnent moins d’argent que celles qui ne se satisfont pas de simplement gagner de l’argent. Tel est le résultat d’une enquête menée aux Etats-Unis par Deloitte. Une bonne occasion de réfléchir sur ce que veut dire « entreprendre ».

  • 90% des Américains (les enquêteurs en ont interviewé 1310) qui estiment que leur entreprise a une vraie « vision » font état de bons résultats financiers et d’excellents taux de satisfaction chez les employés comme chez les clients.
  • La proportion est de 65% chez ceux qui n’ont pas le même sentiment. La satisfaction clients n’est pas très élevée (63%) et celle des employés frôle la catastrophe : 19%.
  • La différence entre dirigeants et employés se mesure notamment à la proportion de ceux qui estiment mettre sur le marché des produits utiles à la société : 73% chez les premiers, 59% chez les autres.

Pour Co.Exist, ce dernier point illustre la différence entre l’intention de la direction et les réalisations de l’entreprise que les employés sont mieux placés pour juger. Pas faux, mais :

  • L’enquête dans son ensemble apporte de l’eau au moulin de tous ceux – notamment chez les jeunes - qui demandent à l’entreprise d’être productrice de valeurs pas seulement sonnantes et trébuchantes.
  • Elle va dans le sens de ceux qui entreprennent pour gagner de l’argent ET changer le monde.
  • Elle renforce la position de ceux – de plus en plus nombreux – qui mettent l’accent sur l’entrepreneuriat social, une des tendances fortes que j’ai pu constater lors de mon récent tour du monde de l’innovation.

Et ta dernière étude ?

La seconde est fournie par un délicieux économiste britannique du nom de John Kay pour qui l’obliquité est une valeur économique de premier plan. Les chemins indirects voir détournés sont souvent les meilleurs. Les entreprises les plus motivées par le profit ne sont pas nécessairement les plus profitables. Les individus les plus obsédés par le bonheur ne sont pas forcément les plus heureux.

Tout ceci parce que nous vivons dans un monde complexe et plein d’incertitudes dans lequel ce qui semble clair peut être une illusion, éventuellement dangereuse. Les instructions longuement pensées ne donnent que rarement les résultats voulus. Flexibilité et détours sont préférables.

Billet publié sur le site de l'Atelier des médias, émission de RFI

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