Il était temps : la France s'équipe en drones

Publié le 19 Juin 2013

Tu souhaites aujourd'hui nous parler de drone économie : de quoi s'agit il?

Les drones sont ces avions sans pilotes qui sont de plus en plus utilisés dans les conflits actuels. Utilisés au départ par les militaires on les verra bientôt bouleverser l'aviation civile.

Commençons par les usages militaires avec quelques rappels :

  • Les États-Unis s'en servent dans leurs différents conflits avec, souvent, ce qu'il est convenu d'appeler des dommages collatéraux, des victimes innocentes. Mais sans pertes américaines puisque ces engins sont commandés à distance.
  • Israel s'en sert au Liban entre autre.
  • Les militaires français y ont eux aussi recours au Mali. Mais ceux dont ils disposent sont insuffisants et ils viennent de décider de se porter de deux Reapers, des drones particulièrement puissants qui resteront sous contrôle américain. Un vrai problème

C'est pourquoi, Jean Yves Ledrian, ministre français de la Défense a publié, le 31 mai dernier, dans le journal les Échos, une tribune affirmant que la France a un besoin "urgent" de drones de combat et que l'Europe, elle aussi a "manqué le virage de ce type d'équipement".

Dimanche dernier, à la veille du salon aéronautique du Bourget, 3 des plus gros fournisseurs européens d'armement l'ont entendu et viennent de lancer un appel à la création d'un programme de rattrapage.

Il est déjà tard. Plus de 75 pays en ont. 50 en construisent et on en recense plus de 1 000 types différents. J'ajouterai que :

  • Israel est, avec les Etats-Unis le pays le plus avancé dans ce domaine.
  • On ne sait presque rien de ce que font les Russes, les Chinois ni les Turcs
  • Mais on sait que les Iraniens sont sur la brèche et qu'ils en auraient fourni au Venezuela.
  • Même l'Éthiopie s'est lancée dans cette voie.

Est-ce que cette technologie ne pose pas de problème?

Bien évidemment. Il y a le problèmes des victimes collatérales… C'est dramatique, mais ça ne leur est pas propre. Il y en a dans toutes les guerres.

Ce qui est plus grave, selon un grand nombre d'analystes c'est que plus on en a plus on risque d'être tenté de s'engager dans des conflits, surtout lointains, puisque les drones n'entraînent que la mort des autres. Il y a là un problème qu'il ne faut surtout pas escamoter.

Mais je voudrais ajouter que les drones sont des robots et les robots peuvent être programmés pour faire le bien ou le mal".

C'est le cas, par exemple, du projet Matternet qui veut y avoir recours pour acheminer l'aide à très bas prix dans les zones les plus reculées du monde

Mais ce qu'il est urgent de comprendre c'est qu'ils vont bientôt donner lieu à l'émergence de tout un pan d'activités nouvelles, ce que l'on commence à qualifier de "drone économie", l'économie de tout ce qui se fait avec, par et autour des drones.

Il faut donc s'y mettre ?

En effet et je trouve que si Jean Yves Le Drian a ses raison de s'intéresser au sujet, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement industriel et Fleur Pellerin ministre déléguée chargée entre autres de l'Innovation et de l'économie numérique, devraient s'y mettre activement. Permets moi de te donner quelques points de réflexion :

  • Les cieux des États-Unis doivent s'ouvrir aux drones dès 2015.
  • Les autorités de l'aviation civile sont en train de préparer un cadre réglementaire dans ce sens et c'est ça qui devrait donner un véritable coup de fouet à l'industrie aéronautique
  • Dans un premier temps, 90% d'entre eux devraient être utilisés dans "l'agriculture de précision"
  • Mais 100.000 emplois devraient être créés en 10 ans et il devrait en résulter une manne de 14 milliards de dollars selon une étude récente;

Détail révélateur, qui frappera tous ceux qui suivent de près ou de loin les technologies de l'information, Chris Anderson, l'ancien rédacteur en chef de Wired vient de lancer une startup qui s'y consacrera. 3DRobotics.com produira des drones à monter soi-même (certains pour moins de 1000 USD). Pour Anderson, ce sont les bricoleurs qui ouvriront les voies les plus nouvelles. Il est difficile de dire aujourd'hui lesquelles.

Les Français, de leur côté ne partent pas de zéro. Exemples :

  • DeltaDrone.fr, est un fabricant grenoblois de drones miniatures utilisables pour le secours en montagne, la pollution ou les grands événements sportifs.
  • Vision-du-Ciel.com est spécialisée dans la prise de vues aériennes à haute résolution;

Vous pouvez même en commander un construit par l'entreprise française Parot sur parot.com. Il est présenté au Salon du Bourget (du 17 au 23 juin).

Pour répondre à ta question, Il faut donc s'y mettre, sans oublier cet avertissement d'un chercheur cité par le New Yorker : "Il est dans la nature des technologies d'être introduites pour un rôle puis de glisser sur la pente savonneuse de rôles non prévus."

Il faut donc s'y mettre, mais avec les précautions que requiert l'adoption de toute technologie puissante.

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