Ces Français qui innovent... à l'étranger

Publié le 23 Avril 2013

Une fois n'est pas coutume, tu veux nous parler aujourd'hui de Français qui innovent...

Au cours de mon tour du monde de l'innovation j'ai rencontré plusieurs Français qui ont lancé des idées ou des entreprises intéressantes. Laisse moi te donner quelques exemples :

  • Julie Leblan et Maurine Lombart MyList.ae – Dubai

MyList.ae la première société de listes de cadeaux des Émirats ouverte sur plusieurs magasins. 83% d'immigrés vivent à dans le pays et e peuvent pas recevoir de cadeaux. Il n'y a pas de e-commerce. Il faut envoyer de l'argent ou apporter les cadeaux.

  • Sébastien Mercier – Le Cap : Power Time « App utile »

80% des compteurs sont prépayés. Ils bloquent et tombent à 0. L'application de Mercier propose un débit automatique type Skype + indicateur de consommation.

Il s'agit d'une carte avec les endroits où on peut aller. On fait varier le curseur et on voit les villes accessibles en fonction du prix.

  • Anne Bezançon – San Francisco – Placecast

Une Shop Alert permet de lier géolocalisation et offres mobiles. Grâce au geofencing, une alerte se déclenche si l'utilisateur se trouve à proximité d'un magasin ou d'un site. Enfin, le opt-in permet au client de choisir le type de produits et de magasins qui lui serton signalés. Tout le monde est content, cela permet aux publicitaires, télécoms, cartes de crédit et banques d'utiliser une plateforme commune

Les exemples que tu nous donnes sont ceux de Français expatriés. Faut-il en tirer une leçon?

Ma réponse sera très brève pour une fois : non

Je veux dire par là que je n'ai pas mené l'enquête en France mais que partout dans le monde on trouve des gens qui innovent, y compris des Français

Tout ceci m'amène à te demander comment tu vois la question de l'innovation en France?

Je t'attendais bien là et je serai prudent :

  • Première réponse : il y a plein de gens qui innovent en France, bien évidemment
  • Deuxième réponse : tout aussi évidemment, il y a des problèmes, mais je ne suis pas certain qu'il soit juste de tout mettre sur le dos des conditions financières j'y vois plutôt des dimensions culturelles

Qu'entends-tu par dimensions culturelles?

  • La peur de l’échec (comme partout)
  • Le véritale avantage de Silicon Valley et des États-Unis
  • Préférence pour la préservation (avantages acquis) face au changement
  • Rôle de l'État

On lui demande, on ne prend pas les choses en main

  • Rôle des hiérarchies
  • Les entreprises sont souvent figées
  • On n'encourage pas beaucoup l'initiative
  • Méfiance face à l'entreprise
  • Double confusion:

Gauche : entrepreneur / entreprise et

Droite : entrepreneur / manager

Et comme tout le monde a sa part de responsabilité :

  • Couverture négative (ou incantatoire) dans les médias
  • Ils insistent sur les dangers ou disent que ça va tout résoudre
  • Peu de débat sur le fond

Qu'est-ce que je veux dire avec tout ça ? Une idée très simple : nous sommes tous responsables du fait qu'on innove peu

Peut-être parce que si la nécessité est la mère de l'innovation nous n'avons pas de drame à régler

Je remarque d'ailleurs qu'on innove notamment dans le domaine de la santé et des personnes agées. On touche donc à des problèmes sociaux sérieux.

Parce que dans l'inconnu que représente toute tentative d'innovation tendons à voir le risque plutôt qu'à envisager qu'innover c'est participer à la création de son propre futur.

Billet publié dans l'Atelier des médias, émission de RFI

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