La Silicon Valley est-elle en danger?

Publié le 25 Juillet 2011

Depuis qu'elle s'est imposée, la terre entière (à commencer par les locaux) se demande combien de temps Silicon Valley restera la capitale du monde high-tech. La question est soulevée cette fois – avec une acidité très British - par Hermione Way de TheNextWeb. Une pique qui, peu après le 4 juillet, ne pouvait que susciter une réponse exacerbée du PR de la région Sir Robert Scoble soi-même.

Venue d'Europe il y a 9 mois, Hermione a visité 200 startups. A peine deux lui ont semblées dignes d'intérêt, c'est à dire susceptibles de changer le monde. Toutes les autres sont des clones de Twitter, Facebook, Google ou Groupon. Magnanime le temps d'une phrase, elle se dit prête a faire une place à part à celles qui se consacrent à la santé.

Il se passe plein de choses à Silicon Valley mais tous ces gens qui s'affairent ne se préoccupent plus que de gagner de l'argent et vite. Ils ont réduit la mentalité d'entrepreneur à la recherche du profit maximum dont l'aboutissement le plus recherché consiste à vendre la boîte pour mieux sauter sur un autre cheval. Au galop.

C'est un modèle génial pour les investisseurs qui récupèrent leur mise en un clin d'œil. Mais ça crée une génération d'entrepreneurs qui ont peur du risque. Difficile d'imaginer pire.

Silicon Valley est en fait victime d'un nouvel accès de la vieille mentalité californienne de "ruée vers l'or" et souffre de tout ignorer des problèmes du monde réel ou des problèmes réels du monde.

Gourou des réseaux sociaux et chantre de la région, Robert Scoble s'est dépêché de rameuter ses fans sur Google+. Rien ne manque à leur chère Silicon Valley. Il mentionne une ou deux technologies de pointe dont une pour écran puis se réfugie dans une dimension difficile à vérifier: les entreprises dont personne ne parle. Il y en a bien sûr, mais mon expérience c'est qu'elles n'ont de cesse d'avoir recours à une boîte de relations publiques pour gagner la home de TechCrunch. Il parle aussi des centres de recherche (rien à voir avec des start-ups) tels que le PARC de Xerox ou l'Almaden Center d'IBM.

Scoble sillonne une petite partie de la planète – surtout le reste des États-Unis, la Chine et Israël -… en quête des prochaines entreprises qui viendront s'installer à Silicon Valley car "il est très rare qu'une compagnie change le monde sans ouvrir un bureau ici". Exemples indiscutables et récents: Foursquare, Groupon et Baidu.

En résumé il en reste à ce que j'appellerais la deuxième étape de Silicon Valley. Dans la première, tout venait de là-bas, dans la seconde, tout y aboutissait.

La question qui se pose, celle que pose Hermione Way à sa façon c'est de savoir si nous entrons, ou pas, dans une troisième étape qui serait caractérisée par le fait que, même si Silicon Valley conserve un rôle unique, elle est de moins en moins seule. On trouve ailleurs des pléthores d'ingénieurs remarquables et des coffres remplis d'or, pas seulement en Inde et en Chine.

Silicon Valley reste le meilleur endroit du monde pour trouver vite des investisseurs qui disposent de grosses masses d'argent et des gens compétents qui vous aident à lancer votre start-up. Ça vaudra toujours un voyage. Mais, souligne Hermione Way, le coût de l'innovation y décroît à une vitesse faramineuse et il suffit d'un laptop et d'une connexion wifi pour créer une technologie potentiellement perturbatrice. N'importe où dans le monde…

[Image trouvée sur le site de la compagnie teleopcom.com]

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