La nouvelle plateforme Facebook: séduisante et dangereuse

Publié le 4 Mai 2010

satellites-ryan_somma.1272960113.jpg La nouvelle plateforme Facebook est un très gros truc, très puissant susceptible de faire trembler Google à terme. Cela doit aussi nous faire réfléchir aux risques que nous courons avec nos données personnelles.

Le plus important est le bouton "Like" (j'aime) qui vous permet de signaler à la terre entière ce qui vous plaît. Facebook en reçoit plus d'un milliard par jour (et c'est pas fini).

A terme cela devrait leur permettre de créer un moteur de recherche dont les meilleures pages seront indexées et signalées par des humains. Big.

L'autre élément clé est l'Open Graph, le graphe social auquel les autres sites pourront se connecter grâce aux plugins et une API amélioré qui permet aux différents sites de créer les outils de communication leur convenant.

Qu'est-ce que ça veut dire?

De la même façon que le web a permis de rendre "actifs" les liens existant entre différents textes, photos ou documents, le web social de Facebook permet d'activer les relations. Mais pas seulement celles qui existent entre les gens, les relations entre leurs activités, les lieux et les choses qui leur plaisent.

Ça repose sur ce que les gens font et pas seulement sur ce qu'ils ont en tête ou qu'ils ont l'intention de faire comme on peut l'obtenir à partir des questions que nous posons aux moteurs de recherche.

Ça transforme les autres sites (ceux qui offrent le service) en satellites de Facebook .

L'avantage pour les utilisateurs est qu'ils pourront dès leur première visite à un site se voir suggérer des informations correspondant à leurs intérêts et à leurs goûts.

L'avantage pour les sites est que les utilisateurs y passeront sans doute plus de temps, piqués qu'ils seront par la possibilité de lire ou d'écouter ce que leurs amis lisent ou écoutent.

L'avantage pour Facebook c'est qu'il réunit des informations sur les sites visités par ses 500 millions d'utilisateurs.

C'est donc un système qui s'ouvre pour mieux centraliser les informations.

Nous alimentons la machine parce que la personnalisation automatique nous facilite la vie. Or elle n'est possible que si les sites que nous visitons disposent de beaucoup d'informations sur nous.

Pariant sur notre paresse, Facebook a mis la personnalisation automatique par défaut. Nous devrions exiger (comme viennent de le faire quatre congressistes américains ) l'inverse.

Reste maintenant à s'interroger sur le sens profond de tout cela. Comme d'autres avant elle, Facebook essaye de dominer le web. Google est parvenue à s'imposer en offrant le meilleur service permettant de trouver ce qu'on cherche sur le web à un moment où trouver était la tâche la plus importante pour chacun d'entre nous.

Mais maintenant que cette question est réglée (à peu près), l'essentiel devient nos relations sociales étendues.

L'intelligence de Facebook est d'avoir construit un système sur l'identité personnelle pour mieux permettre l'établissement de connexions entre les gens. Elle ajoute maintenant l'ensemble de nos activités online.

Voulons-nous que ces infos soient centralisées par une entreprise dont le patron, semble dire qu'il "ne croît pas" dans la protection des données privées (voir aussi l'évolution de la politique de Facebook dans ce domaine)?

[Photo Flickr de Ryan Somma ]

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