Comment intégrer la sérendipité

Publié le 3 Août 2009

ricochet_guyphenix.1249281332.jpg Un des dangers des réseaux sociaux est qu'ils nous poussent à penser comme les autres, ce que les Américains appellent "group think". Une quantité croissante d'informations nous parvient par leur intermédiaire. Les pistes peuvent être riches, mais nous avons tendance à nous y connecter avec des gens qui pensent plutôt comme nous.

Dans un article publié par le New York Times du 1er août , Damon Darling regrette, d'une façon plus générale, que les TIC tendent à réduire les hasards heureux, ce qu'en anglais on appelle "serendipity" (et que d'aucuns voudraient traduire par "zadigacité "… allez donc voir Wikipedia en français pour en trouver la raison).

J'ai tendance à croire que la navigation sur le web, pour peu qu'on s'y livre avec un minimum de curiosité est au contraire une fabuleuse source de sérendipité (le néologisme qui permet de traduire ce mot qui n'existe pas en français). Mais je dois reconnaître que les réseaux sociaux (et les systèmes de référence et de votes qui les accompagnent) poussent sinon à la pensée unique du moins à une pensée à géométrie très peu variable.

C'est pourquoi j'ai tendance à promouvoir, lors de mes cours par exemple, la "embedded serendipity" ou la sérendipité embarquée, intégrée aux processus de collecte d'information.

Je le fais de deux façons au moins:

En intégrant des flux RSS qui ne m'intéressent que marginalement dans ceux que je consulte régulièrement. La possibilité des hasards heureux augmente.

En essayant régulièrement de pratiquer le ricochet virtuel: quand je clique sur un lien qui me conduit à une page surprenante je m'efforce de répéter l'opération au moins deux fois en cliquant sur les liens que je trouve à chaque étape. Au bout du compte, je me retrouve souvent en territoire inconnu (et rien n'empêche de continuer à sauter…).

Je suis sûr que vous avez d'autres recettes et je vous invite à les partager.

[Photo Flickr de guyphenix ]

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