Twitter, Michael Jackson et l'Iran...

Publié le 29 Juin 2009

iranbasij-faramarz.1246251852.jpg Les nouveaux médias se sont imposés dans les deux grands évènements de ces derniers jours: la mort de Michael Jackson et les protestations postélectorales en Iran. Dans ce dernier cas, cependant, leur efficacité comme outils de mobilisation et d'organisation politique n'est pas évident.

La nouvelle de la mort du chanteur a été annoncée par TMZ.com   et c'est sur le web que les gens se sont immédiatement précipités pour avoir plus d'informations, pour faire circuler l'info ou en parler avec leurs amis.

Twitter, Flickr, YouTube et quelques autres ont permis au monde extérieur de savoir ce qui se passait en Iran dont les correspondants étrangers avaient été chassés et dans lequel les médias traditionnels sont, pour l'essentiel, censurés. La tentative de contrôle du web n'a été que partiellement efficace, ce qui a permis à The Economist de titrer un papier: "Twitter 1, CNN 0" .

Les nouveaux médias et notamment ceux qui fonctionnent sur le modèle participatif du web 2.0 contribuent de manière utile à la circulation de l'information parce qu'ils sont plus rapides que les médias traditionnels et plus difficiles à contrôler.

Les choses se compliquent pourtant quand on passe à l'activité politique.

L'impact de Twitter sur l'organisation des manifestations a été pratiquement nul. Un nombre minime de manifestants s'en sont servis alors qu'ils ont eu recours à des structures organisationnelles et communicationnelles antérieures.

Le potentiel du web participatif comme outil de mobilisation politique a été démontré de manière péremptoire par Barak Obama et son équipe dans le contexte d'une campagne électorale politique pacifique et d'un pays où la grande majorité de la population est connectée.

Les récentes manifestations de Moldavie et d'Iran montrent qu'ils peuvent contribuer (même si c'est de façon minime) à des mouvements populaires plus ou moins spontanés en faisant circuler l'information les concernant plus encore à l'extérieur des pays concernés qu'à l'intérieur.

Personne n'a encore prouvé qu'ils puissent jouer un rôle d'organisation et de mobilisation à long terme, surtout dans le cadre de l'affrontement avec un pouvoir d'État décidé à utiliser la violence dont il a le monopole officiel.

Je crois en tous cas que nous devons attendre de le voir démontré dans les faits pour y croire.

Qu'en pensez-vous?

PS – Je serai ce lundi au Personal Democracy Forum qui se tient à New York. Nous aurons donc l'occasion de reparler de ce genre de sujet soit sur Transnets, soit sur Twitter (@transnets) soit sur les deux… Bonne journée.

[Foto Flickr de faramarz ]

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