Mobilité : nous sommes en train de vivre une nouvelle rupture

Publié le 11 Mai 2009

mobilephonejapanindividual.1242023577.jpg Les Etats-Unis ont longtemps figuré à la traine en matière de téléphonie mobile. En quelques mois (lancement de l’iPhone et d’Android, le projet de Google) Silicon Valley est parvenue à remettre l’innovation sur le territoire des applications où elle reste souveraine.

J’ai demandé à Georges Nahon, patron des Orange Labs de San Francisco (oui, cette Orange là), ce qu’il en pensait. Extraits.

Georges Nahon – Je suis frappé par le déplacement de l’énergie des développeurs qui sont de plus en plus attirés par des plateformes comme l’iPhone.

Ce qui est nouveau, c’est le recours à des applications spécifiques pour télécharger l’information du « content cloud », le nuage des contenus. La consommation se fait au moyen de « content apps » qui permettent de lire le New York Times, par exemple, sans passer par Safari [le navigateur de l’iPhone].

Le G-Phone [qui fonctionne sur la plateforme Android] connaît une évolution comparable.

Q – Quelle est l’importance de cette évolution ?

R - C’est là que se situe le potentiel d’innovation le plus grand du moment. La plateforme des ordinateurs personnels se stabilise. Plus personne n’a besoin qu’ils soient plus rapides ou plus puissants.

Il est également intéressant de constater que grâce à l’iPhone on parvient à convaincre les gens d’abandonner le navigateur.

Q – Si on continue dans cette direction, ne faudra-t-il pas un programme pour intégrer toutes ces applications de contenu ?

Bien sûr. Il faudra trouver un système d’intégration. Il y a encore des problèmes à résoudre qui me rendent mon optimisme quant au futur de l’innovation.

Le potentiel est énorme et je trouve particulièrement intéressant le relai rendu possible par certains éléments propres au mode nomade tels que la localisation, l’accélération ou la vitesse de déplacement.

A quoi il faut ajouter que le mobile est la meilleure plateforme pour le déploiement de capteurs (pour mesurer pression, humidité, lumière, entre autres).

Q – Quelles perspectives cela ouvre-t-il en termes commerciaux ?

R – Le modèle est connu et fonctionne bien. On donne son numéro de carte de crédit une fois pour toute et ensuite on peut cliquer en toute liberté pour acquérir des contenus de qualité.

C’est l’environnement qui compte. Il recrée les conditions d’achat simple [avec l’iPhone d’Apple comme avec le Kindle d’Amazon]. A ces deux grands il faut ajouter PayPal qui, adopté par un grand nombre d’entreprises, permet un fonctionnement sans problème.

Tous ces éléments pourraient fonctionner en faveur de la presse.

Q – Je ne crois pas que la « mobilité » suffise pour expliquer de tels déplacements. Quels sont les enjeux ?

R – L’important n’est plus de parler au téléphone.

La clé est la notion d’appareil individuel et la possibilité d’être toujours connecté. C’est la vie de l’individu en temps réel qui se joue là.

Les jeunes ouvrent le chemin et entraînent les vieux.

Nous passons de l’utilitaire à l’essentiel. Nous sommes en train de vivre une nouvelle rupture dont les enjeux sont plus importants que ceux qu’avait introduit Gutenberg.

Q – Quelle importance a le mobile dans votre vie ?

Quand j’étais petit, l’appareil le plus individuel était la radio que j’écoutais la nuit sous les draps. Mais l’information y circulait à sens unique. Quant au téléphone, l’appareil communiquant d’alors, c’était la guerre dans la famille pour l’utiliser.

Aujourd’hui je gère mes relations depuis mon mobile. Il me permet de me communiquer avec mes réseaux. Ces derniers jouent un rôle chaque jour plus importants. Je suis convaincu que c’est grâce à eux que nous sortirons de la crise.

PS – Désolé, les Orange Labs n’ont pas de site public et je ne peux donc pas adjoindre de lien.

MaJ - Les Orange Labs États-Unis disposent d'une page sur le site d'Orange. On n'y trouve pas d'infos sur le détails des activités. Merci Eric pour ce lien encore plus général.

[Photo Flickr d'Edward Barnieh ]

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