Formez-donc votre tribu…

Publié le 17 Mars 2009

tribes-godin.1237275547.jpgTrès connu dans le monde du marketing online, roi de l’autopromotion, Seth Godin est un de ceux qui a le plus fait pour nous faire comprendre que nous sommes passés des médias « one to many » aux médias « many to many ».

Il vient de publier un livre sur les tribus d’aujourd’hui : Tribes: We Need You to Lead Us .

Deux idées simples : les organisations d’aujourd’hui ressemblent à des tribus ; libre à nous d’en créer et de les animer. Bien vu.

Deux choses m’ont déplu cependant : il s’agit d’un simple déroulé de billets avec beaucoup de citations et références plus ou moins claires sans le moindre lien (il s’agit d’un livre) ni la moindre note (c’est plus grave). L’absence de structure est moins grave que la multiplication des emprunts…

Mais ne soyons pas chiches. Godin a beaucoup lu et comprend l’essentiel. Il souligne à juste titre que « Toutes les nouvelles technologies sont conçues pour connecter les tribus et pour amplifier leurs travaux ». C’est essentiellement dû à la réduction des coûts de transaction et de communication qui permettent aux gens de « s’organiser sans organisation » comme l’a si clairement montré Clay Shirky (voir ce billet ).

Servie à la mode « tribu » ce qui intéresse vraiment Godin c’est la vieille notion de « leadership », « l’art de donner aux gens une plateforme pour diffuser des idées qui marchent (ideas that work) ».

Le phénomène nouveau c’est que les tribus n’ont pas de chefs elles se regroupent autour de leaders dont la force tient à l’histoire qu’ils racontent, aux idées qu’ils diffusent et aux connexions qu’ils sont capables d’établir.

Aujourd’hui « chef », Obama a commencé par rassembler une tribu autour de sa notion de « hope » pour ensuite la transformer en mouvement.

Mal foutu et pas aussi honnête qu’on aimerait, le livre de Godin n’en est pas moins utile. C’était clair lors de sa présentation devant la Conférence TED du début février. S’adressant plus particulièrement aux entrepreneurs sociaux (qui veulent en même temps gagner de l’argent et changer le monde) il a expliqué que ce ne sont plus les usines ni l’argent qui changent le monde aujourd’hui « ce sont les tribus ».

Invoquant une sorte de « culte de l’hérétique » bien sympathique (même s’il ajoute qu’il y en a tellement aujourd’hui que « les brûler n’est pas particulièrement efficace »), il a demandé à la salle « Qui dérangez-vous aujourd’hui » ?

Au lieu de nous inviter à nous définir sur la base de ceux que nous combattons, il nous invite à le faire en fonction de ceux que nous perturbons. Dans les deux cas il s’agit de changer quelque chose. Dans le second, cependant, la porte donnant sur la créativité me semble plus largement ouverte.

Alors ? Tribus et leaders, ça vous dit quelque chose ?

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