Un gadget peut-il sauver la presse?

Publié le 13 Février 2009

printingpress-thomas_hawk.1234520119.jpg Frédéric Filloux se pose la question dans un récent article sur Slate.fr . Il se demande si le nouveau Kindle 2.0 peut venir au secours de journaux et magazines grâce au fait qu’il propose des abonnements à des prix raisonnables: 10 USD par mois pour les quotidiens type New York Times, 1,5 USD pour les hebdos et entre 1 et 2 dollars pour les blogs.

Les gens qui s’abonnent ne manquent pas mais j’ai bien du mal à croire que cela puisse aller très loin.

Pourquoi?

Simple: qui a un Kindle a sans doute un (ou plusieurs) ordinateur sur lequel il/elle peut accéder gratuitement au même contenu. Et quitte à lire dans le métro, l’iPhone, le G1 et tous leurs semblables permettent d’obtenir le même résultat au même prix.

On recommence, par ailleurs, à parler des micro-paiements , une idée que j’ai trouvé géniale il y a dix ans et qui n’a toujours pas décollé. La technologie a fait des progrès et la presse est en crise mais la couche de complication que cela ajoute (plus encore que le prix) risque de toujours poser un problème.

Et, contrairement à ce que semble penser David Carr du New York Times, il ne suffirait pas d’inventer un iTunes pour l’actu. Il faudrait que le prix tourne autour des 5 cents et pas de 99.

Jeff Mignon (un copain, comme Frédéric) se livre à un exercice intéressant sur son blog Média Café. Il a mis les chiffres d’un modèle payant sur une feuille Excel que chacun peut télécharger. Allez voir par vous-même. Les résultats ne donnent pas vraiment de quoi s’enthousiasmer.

En fait, l’un comme l’autre au travers de différents articles, arrivent à la conclusion qu’aujourd’hui les journaux sont tenus d’accorder une importance croissante au web alors que l’argent qu’ils peuvent y gagner ne couvre pas leurs frais d’opération.

Mauvaise nouvelle. Et pourtant.

Je me demande si la question est bien posée.

Si le journalisme de toujours se caractérise par la production d’informations, il semble clair qu’il ne trouve pas (encore) de modèle économique sur le web.

Mais si le journalisme organisé autour du web implique d’autres pratiques (l’essentiel étant l’expérience, les conversations) alors le modèle économique qu’il faut trouver est différent. C’est celui d’un journalisme dans lequel la production n’est qu’en partie assurée par les professionnels et qui se structure largement autour des liens, du partage, de la participation. Les modes d’opération incluent les algorithmes et l’ex-audience.

En même temps que nous nous interrogeons sur son rôle et ses fonctions sociales, c’est l’économie de ce journalisme là qu’il faudrait modéliser.

Mais comment? Vous avez peut-être des idées...

[Photo Flickr de Thomas Hawk ]

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