Fable de l'aspirateur et du cyberespace

Publié le 10 Septembre 2008

Je suis à Mexico où je dois parler dans un congrès de "marketing online" (pas de marketing, bien sûr, mais de l'évolution des organisations et des défis que cela représente pour les spécialistes de la question).

Cela me donne l'occasion de renouer avec des amis chers perdus de vue depuis des années. Retrouvant l'un d'entre eux - Luis, diplomate de son état - autour d'un café je lui fis part de mon intérêt pour l'impact social et politique des TIC tout en craignant de me heurter à une incompréhension presque totale comme c'est trop souvent le cas avec les gens de mon âge.

Loin de là. Ce fut même l'occasion pour lui de me raconter la fable de l'aspirateur et du cyberespace.

L'ex président tanzanien Nyerere, m'a dit un jour dans la modeste case dans laquelle il vivait, qu'il en va du système mondial comme d'un aspirateur, raconte Luis. Il attire tout ce qui traîne à sa portée dans une petite poche. On a beau le démonter, il est difficile de s'en servir pour disperser, pour distribuer. Ni le capitalisme, ni le socialisme n'y parviennent. La machine repose sur l'accumulation des richesses sonnantes et trébuchantes du monde réel. Impossible d'en faire un monde beaucoup plus juste."

Mais, poursuit Luis, tout change quand les biens sont immatériels, quand la connaissance et le savoir sont les richesses qui comptent le plus. Avec l'internet et le web il est possible, il faut que tous y aient accès, en bénéficient. Et ceux qui croient qu'il suffit d'avoir les machines se trompent. C'est ça la révolution du 21ème siècle.

Le problème me suis-je permis d'ajouter, c'est que la seule introduction des TIC n'entraînent ni révolution ni même redistribution des valeurs liées au savoir et à la connaissance. Elles offrent de nouvelles possibilités, encore faut-il s'en saisir, et, pour cela, livrer bataille.

Cela requiert de vaincre deux obstacles: convaincre de l'importance de ces enjeux politiques et de société, et trouver les formes de négociations, d'affrontements et d'organisations qui conviennent.

Des idées?

Commenter cet article