Bit by bit... le futur des médias

Publié le 7 Juin 2008

Dans 10 ans toute notre consommation de médias se fera sur l'internet estime Steve Ballmer, patron de Microsoft.

Voici sa phrase originale telle qu'il l'a prononcée devant un groupe du Washington Post.

"there will be no media consumption left in 10 years that is not delivered over an IP network."

Il nuance un peu en disant que cela peut-être dans 14 ou dans 8 ans. Mais il trouve aberrant que la télé sur le web soit interactive alors que sur l'écran classique elle ne l'est pas. Ça ne peut pas durer.

Un jour plus tard, mais c'est peut-être un hasard, le chroniqueur Paul Krugman posait le problème d'une façon plus nuancée dans le New York Times. C'est d'autant plus intéressant qu'il va plutôt dans le même sens.

Ill part d'un argument formulé par Esther Dyson en 1994 selon lequel le fait que le contenu digital peut être copié et transmis facilement forcera les entreprises qui en vivent à le donner quitte à gagner de l'argent à la périphérie... Cela revient à "distribuer gratuitement la propriété intellectuelle pour pouvoir vendre des services et des relations." écrivait elle, exactement ce que faisait le groupe de rock Grateful Dead qui encourageait l'enregistrement de ses concerts pour vendre des T-shirts. Mécanisme maintenant connu.

C'est peut-être une bonne solution pour les auteurs qui pourraient faire payer des lectures publiques de leurs livres auxquelles accourraient les gens après les avoir téléchargés gratuitement. "Si c'était bon pour Charles Dickens, j'imagine que c'est bon pour moi" ajoute Krugman.

Le problème est bien plus sérieux pour les journaux qui peinent à trouver une solution.

"Bit by bit, tout ce qui peut être digitalisé sera digitalisé rendant ainsi la propriété intellectuelle plus facile que jamais à copier et plus difficile à vendre pour plus qu'un prix nominal. Et nous devrons trouver des modèles économiques et d'affaires qui prennent cette réalité en compte," conclue Krugman.

Au lieu de nous pousser à nous prononcer sur la disparition ou non du papier et de la télévision, cette approche nous invite à réfléchir sur les modalités d'adaptation des médias. Au lieu de nous inviter à trancher à l'intérieur d'une alternative oui OU non, elle nous invite à innover sur le comment.

C'est ça qui m'intéresse.

Et vous?...

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