Vendre ses données? Son âme?

Publié le 21 Avril 2008

En échange d’informations ultra-précises sur votre façon de conduire certaines compagnies d’assurances sont maintenant prêtes à vous proposer des polices bon marché.

L’idée consiste à équiper votre voiture d’un GPS sophistiqué permettant de savoir quand vous conduisez, sur quels trajets, à quelle vitesse et à quelle heure. Progressive, une compagnie de l’Ohio qui a lancé un programme pilote dans ce sens, propose des tarifs moins chers à ceux qui représentent des risques moindres. Je crois qu’un système comparable est également à l’essai en Grande Bretagne (Avez-vous des tuyaux là-dessus?).

L’intérêt du système, du point de vue de la compagnie, est qu’en s’appuyant sur des données statistiques, elle peut évaluer avec précision les risques vous concernant.

Ce qui me frappe dans l’article écrit par les auteurs de Freeconomics , c’est que cette dernière y est inscrite dans une logique qui conduit ceux qui utilisent peu leur voiture à vouloir bénéficier d’une telle opportunité... en échanges d’infos détaillées concernant leur mode de vie.

Ceux qui conduisent trop coûtent cher à la société (un peu comme les fumeurs) en essence, en pollution et en accidents. Il faut donc les faire payer nous explique l’article du New York Times. Taxer l’essence ou la circulation dans les villes fait trop peur aux politiciens américains (notamment). Restent les assurances qui ne font pas de vraies distinctions entre esclaves du volant et chauffeurs épisodiques. Mas pour ne pas y perdre les compagnies doivent pouvoir faire des distinctions sur des bases précises. D’où l’idée d’installer un appareil sur votre voiture capable de transmettre en temps réel les données objectives sur lesquelles votre police peut être calculée avec précision.

Je conduis peu puisque je voyage beaucoup (autre source de pollution, je sais) et un tel système me conviendrait.

Suis-je prêt, pour autant, à installer un tel appareil sur ma voiture? Si je ne pense qu’au paquet de dollars que je pourrais économiser chaque mois, sans doute.

Mais le problème est beaucoup plus vaste. Il est en fait au cœur de nos relations avec l’univers digital, online et dans le monde physique. Nos activités laissent de plus en plus de traces. Dans le cas considéré ici, notre participation volontaire et consciente peut se traduire par des bénéfices économiques. Ça n’est pas toujours le cas. Mais l’utilisation de nos données par des tiers est toujours une question qui se pose.

Je ne suis pas sûr que nous nous la posions assez souvent...

Comment y répondez-vous?...

Commenter cet article