Bloguer à mort?

Publié le 6 Avril 2008

computerordeath-flickr-earlyshen.1207464452.jpg Il est 23h. Je viens de voir un superbe film (coréen: 3-Iron). Ma femme fa se coucher. Avant d'éteindre mon ordinateur, je regarde s'il y a quelque chose d'intéressant. Pas vraiment. Je m'apprête à éteindre. Il sera toujours temps de bloguer demain. Mais je vois qu'un lecteur (ou lectrice, je ne sais qui - mais merci BTW - à moins qu'au contraire... mais lisez la suite) me signale un article du New York Times qui fait écho à mon manque d'envie d'écrire maintenant, au fait que "fo pas exagerer qen mem" :In Web World of 24/7 Stress, Writers Blog Till They Drop , dans ce monde de stress sans limite, les blogueurs écrivent jusqu'à ce que mort s'en suive (traduction proche mais libre... il est tard). Ça commence par les banalités habituelles sur le fait que travailler chez soi (mon cas) finit par envahir la vie familiale et les espaces de plaisir. - J'arrive... Puis ça enchaîne sur la mort de trois blogueurs (tous plus jeunes que moi) de crise cardiaque et autres délices du genre. (Au moment où j'écris ces lignes je dis à ma femme que "j'arrive, j'arrive"). Michael Arrington, le plus connu de la région, reconnaît avoir gagné 15 kg, squatté son appart et s'attendre à une visite prochaine au service d'urgence de l'hôpital local (si c'est Stanford, il a de la chance). "Ça ne peut pas durer" commente-t-il. Il rigole toujours, mais cette fois il pense sans doute ce qu'il dit (c'est peut-être pour ça qu'on commence à mentionner ce que vaudrait TechCrunch s'il le mettait en vente... 36 millions de dollars ). Les mieux lotis se plaignent de troubles du sommeil et autres pertes de poids. Un jeune (22 ans) qui travaille pour Gizmodo reconnaît s' endormir parfois sur son clavier. Moi aussi. - Oui, j'arrive... Comme souvent, le secret c' est le fric. Ces blogueurs sont, pour la plupart, payés au billet, quelques fois au trafic. Ils veulent être les premiers, les meilleurs, rêvent de scoops et de gloire. Je ne rigole qu'à moitié. Je n'ai jamais considéré le scoop comme une valeur sûre du journalisme (tout le contraire). Je ne poste qu'une fois par jour et cela ne me rapporte guère (directement en tous cas). Mais je devrais peut-être réfléchir... - J'arrive! Mon réflexe avant d'aller me coucher un samedi soir à bien été de venir vérifier s'il y avait du nouveau. Il y a plus grave, je me suis laissé entraîner par un titre accrocheur. Rien d'essentiel. Je dois reconnaître que la crainte de voir le trafic trop chuter est souvent présente. Je crois aussi que je ressens comme un engagement face aux lecteurs d'être présent aussi régulièrement que possible. Et puis, et puis, je crois que j'aime ça, en tous cas c'est devenu une partie intégrante de ma vie. Quelque chose d'important, d'essentiel. Une habitude? Un besoin? grrrr ça sent pas bon ça... - Oui chérie j'arrive... Vous au moins, vous avez toujours la possibilité de ne pas lire. N'hésitez pas... (je rigole, bien sûr)

Allez... bon dimanche...

[Photo Flickr en Creative Commons d'earlyshen ]

[Maj - Je sais enfin à qui je dois la piste, à Bill Priest. Merci Bill]

Commenter cet article