Médias US: les tendances

Publié le 20 Mars 2008

A côté des points que j'avais retenu du rapport publié mardi sur The States of News Media aux États-Unis (voir ce billet ) voici ceux qui ont le plus impressionné les rédacteurs eux-mêmes.

Il n'y a plus de produit fini en matière de news. L'actu devient un service constamment mis à jour. Les journalistes ne peuvent plus de contenter de créer, raconter ou analyser l'évènement, ils doivent aider les utilisateurs à trouver ce qui les intéresse et à faire sens de l'ensemble.

Un site qui se limiterait au contenu qu'il produit "serait comme un cul de sac". Les sites d'informations ne sont plus des destinations mais se conçoivent comme des plateformes ouvertes sur l'extérieur (voir ce billet de l'année dernière sur le sujet). Vu le rôle essentiel des moteurs de recherche qui permettent d'arriver directement à un article, tout article est sa propre "une".

Le journalisme citoyen déçoit. Il apporte trop peu d'éléments nouveaux ou vérifiables. Même ceux qui s'en réclament tendent à contrôler et à limiter ce qui se dit et se publie sur leurs sites. En gros on déplace le rôle de "chiens de garde" (gatekeeper) des journalistes mais on le garde.

Le nombre des sources d'infos augmente mais les sujets qu'elles couvrent diminuent. La guerre en Iraq et la campagne présidentielle ont correspondu à 25% de l'attention des médias en 2007. L'éducation, le racisme, la sécurité sociale, le transport, le trafic de drogue etc., chacun de ces sujets n'a occupé qu'un pour cent de l'espace.

Les salles de rédaction sont maintenant perçues comme des lieux d'innovation. Les journalistes commencent à accepter de bloguer, de voir leurs articles notés par les lecteurs. Ils y voient une manière de ré-établir le contact avec l'audience qui fout le camp. Les responsables de la pub, par contre, sont largement largués.

Rien ne dit qu'actu et pub sont faites pour continuer à fonctionner ensemble. Les responsables économiques s'en tiennent aux modèles traditionnels dont on sait qu'ils devront changer. Personne n'a une vision claire de l'avenir mais la transition risque d'être d'autant plus brutale qu'elle aura été moins préparée.

Avez-vous l'impression que ce qui se passe en France est comparable ?

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