Nous avons eu tort: le patron de Warner Music

Publié le 15 Novembre 2007

Ne faites pas les mêmes bêtises que nous vient de déclarer en substance Edgar Bronfman aux opérateurs de téléphonie mobile réunis à Macao par le GSMA Mobile Asia Congress.

J'aurais bien aimé l'entendre…

"Nous nous sommes bercés d'illusions," a-t-il déclaré. "Nous pensions que notre contenu était parfait tel qu'il était. Nous croyions que notre business resterait béatement à l'abri alors que le monde de l'interactivité, des connections constantes et du partage en ligne explosait. Et, bien évidemment nous avions tort. Oh, que nous avions tort! En restant immobiles ou en nous déplaçant à un rythme de glaciation nous sommes, par mégarde, partis en guerre contre les consommateurs en leur refusant ce qu'ils voulaient et pouvaient trouver par ailleurs. Le résultat, bien sûr, c'est que les consommateurs ont gagné."

MacUser qui publie l'information rapporte qu'il a invité les opérateurs de téléphonie mobile à ne pas commettre la même erreur que les majors de la musique.

Outre qu'un tel acte de contrition publique fait plaisir à entendre, il permet d'envisager des solutions plus souples dans un proche avenir pour ce qui est de la musique. Universal vient déjà d'ouvrir sa collection de musique classique et de jazz au format MP3.

En choisissant une conférence d'opérateurs de téléphonie pour battre sa coulpe, Bronfman semble les inviter à emboîter le pas de l'alliance lancée sous la houlette de Google il y a juste une semaine (voir ce billet ) ou en tous cas à ne pas l'ignorer.

"La triste vérité est que la plupart de ce qui est offert aux consommateurs aujourd'hui sur la plateforme mobile est ennuyeux, banal et basic. Les gens veulent une forme de contenu musical mobile intéressant." Ceux qui croient s'en tirer en offrant aux consommateurs moins qu'une super expérience et demeurer compétitifs se bercent d'illusions."

Tout l'enjeu d'Android est précisément d'offrir une plateforme sur laquelle les développeurs pourront créer des produits à la fois plus intelligents, plus ouverts et plus simples.

C'est tellement fort que je me demande si nous ne sommes pas en train de vivre un tipping point, un point de bascule. Une sorte de prise de conscience par un nombre croissant d'entrepreneurs et de patrons que l'avenir est aux systèmes ouverts, qu'il s'agisse de la musique, de la téléphonie mobile, ou même des journaux (après le New York Times, Rupert Murdoch vient d'annoncer que le WSJ.com serait bientôt accessible à tous)?

Je vais peut-être un peu vite. Qu'en pensez-vous?

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