Joost (2): trop sage…

Publié le 23 Mai 2007

Joost , la télé-web dont on parle (voir ce billet ), a l'intention de vivre de la publicité.

Vous êtes invité quand vous vous inscrivez à donner quelques informations vous concernant et le système sait ce que vous faites, comprend vos goûts et peut vous proposer des annonces qui vous intéresseront.

Quand vous voyez une image qui vous plaît - des boucles d'oreille ou une bagnole - vous pouvez activer un widget et obtenir des informations sur ce qui est en train de passer. Voilà un outil fabuleux pour les annonceurs.

Si le modèle reposant sur la pub a l'avantage d'être connu par les entreprises et par le public, comme le signalait Forester il y a quelques jours, rien de dit qu'il sera longtemps le plus adapté sur le web. Du moins peut-on penser qu'il y a de la place, outre la pub, pour le payant et le véritablement gratuit.

Par ailleurs, si la vidéo sur l'internet a fait ses preuves dans des formats très courts, on est en droit de douter de l'adaptation des formats longs à l'écran d'ordinateur et à notre façon de l'utiliser. Les plus sceptiques invoquent une étude de JupiterResearch selon laquelle, même si la tendance est à la hausse, 3% seulement des Américains regardent de la vidéo sur leur ordinateur tous les jours (11% le font plusieurs fois par semaine et 35% ne se sont jamais livrés à ce plaisir un peu bizarre).

Économiquement conservatrice puisqu'elle s'appuie sur le vieux modèle de la pub, Joost est finalement une proposition bien sage: mi web 2.0 (les usagers communiquent directement entre eux autour de leurs programmes principaux) mi broadcast (le contenu offert est choisi par une équipe centrale).

Après avoir chambardé le commerce de la musique (avec Kazaa) et les télécommunications (avec Skype), Zennstrom et Friis, les enfants terribles du web, semblent n'avoir plus comme ambition que d'aider gentiment les puissants de la télévision à s'adapter aux temps qui changent.

Dommage. Vraiment secouer le monde du loisir et de l'entertainment eût été un spectacle encore plus fascinant et une œuvre tout aussi utile que de chambarder celui des empires du disque et du téléphone.

Mais je me trompe peut-être…

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