Steve Jobs nous mène en bateau

Publié le 28 Février 2007

Cory Doctorow est tellement fan du mac qu'il l'affiche avec un tatouage . Contrairement à d'autres, ça ne lui interdit pas de critiquer Steve Jobs. Quant à Don Tapscott dont j'ignore l'obédience en matière d'OS, il essaye de placer la discussion au niveau du modèle économique de la musique à l'heure de l'internet.

Cory, un des animateurs du légendaire BoingBoing, part en guerre dans le magazine Salon contre le récent mémo de Jobs dénonçant les DRM (Digital Rights Management) dont j'ai parlé dans ce billet (voir aussi celui-ci ).

"Le patron d'Apple affirme maintenant qu'il vendrait volontiers de la musique sans restrictions digitales, si seulement les compagnies de disque le laissaient faire. C'est pas vraiment un défi courageux et, en plus, je ne le crois pas" écrit-il. La raison fondamentale est que ces fameuses restrictions (Digital Rights Management ou DRM) "créent un cadenas anti-compétition favorable à Apple".

L'argumentation est complète et implacable. Elle s'en prend surtout à "l'absurdité" des DRM mais n'hésite pas à mettre en cause les arrières pensées de Jobs ou à celles de ses pratiques qui contredisent ses propos.

Un des paradoxes, c'est que les DRM n'interdisent pas de copier mais qu'ils rendent très cher le passage à un autre appareil puisque les morceaux acquis sur iTunes ne peuvent être écoutées que sur un iPod.

Pour Don Tapscott, auteur du récent Wikinomics (le livre a l'air passionnant), parler des DRM "est un leurre". Il faudrait plutôt discuter "d'un modèle économique plus intelligent qui permettrait de louer la musique plutôt que de l'acheter" vient-il d'écrire dans le Mercury News .

Ses arguments? Si les usagers ne possèdent pas la musique le problème du vol disparaît. La rémunération des musiciens serait plus fiable et ils seraient incités à mieux utiliser l'internet.

La technologie serait ouverte. Toutes les musiques seraient accessibles à tous et utilisables sur tous les appareils. Les revenus seraient distribués entre maisons de disques et artistes en proportion du nombre de fois où chaque morceau aurait été téléchargé. "Le revenu total de l'industrie augmenterait probablement" et tout le monde pourrait de nouveau faire des bénéfices.

"Traiter la musique comme un service plutôt que comme une marchandise est une notion radicale dont l'heure est arrivée" conclut-il.

Trop tard (pour la France)? Trop tôt?

Qu'en dites-vous?

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