Office 2.0 (2): le changement arrive par les petits

Publié le 16 Octobre 2006

Ghalimiparfarber Office 2.0 intéresse beaucoup de monde et pas seulement à cause de la mode "2.0". Collaboration, services en ligne et le web comme plateforme pour les entreprises: il y a un espace véritable, comme l'a montré la conférence organisée par Ismaël Ghalimi à San Francisco la semaine dernière (voir ce billet).

Dans un billet vieux de quelques mois Ghalimi avait même posé un certain nombre de règles telles que: le navigateur comme seule application, l'absence de fichiers sur son ordinateur, une forte préférence pour Ajax et la possibilité d'importer et d'exporter des données pour faciliter la migration entre applications. La conférence a permis d'élargir le débat et c'est un de ses grands mérites.

Le public était essentiellement constitué "d'early adopters" ceux qui adoptent une technologie avant qu'elle ne soit mûre, parce qu'ils sont prêts à tout essayer ou parce qu'ils espèrent y trouver un facteur de différentiation qui leur donnera un avantage compétitif décisif. De fait plusieurs orateurs se sont dits convaincus que les start-ups d'aujourd'hui tendent à utiliser Gmail et ont intérêt à tout faire sur le web. Ça permet même de lancer une entreprise globale avec une poignée de personnes en différents endroits de la planète.

Les réticences au sein de l'entreprise sont cependant considérables. Du fait notamment que les usagers (les employés) y jouissent de plus de liberté, voir de plus de pouvoir. "Ne nous racontons pas d'histoire, a commenté Matthew Quinn de Tibco, les premières 500 compagnies ne sont pas des démocraties." Les départements informatiques, pour leur part, risquent fort de traîner des pieds en invoquant les risques en matière de sécurité mais aussi parce qu'une telle évolution réduit leur pouvoir. Très peu d'entre eux semblent près prêts aujourd'hui.

Les employés ne sont pas nécessairement près non plus. Personne n'oublie, dans une telle assemblée, les succès de Flickr, del.icio.us et autres YouTube, mais la majorité des orateurs semblaient penser que, comme l'a dit l'un d'entre eux, "il serait erroné de croire que les gens vont utiliser les applications sur le web parce qu'ils en ont envie". Il faut les convaincre. Ça passe par l'attitude de la direction et par la simplicité des interfaces, voir leur "invisibilité" comme l'a suggéré Shell Israel, auteur du livre Naked conversations

La conférence s'est centrée sur les entreprises grandes ou moyennes. C'est dommage dans la mesure où comme la fait remarquer Kalya Hamlin de IdentityWoman, ce même principe devrait lui permettre de travailler avec différentes communautés, ou partenaires. Les grosses boîtes ont des lourdeurs qui ne paralysent pas les plus petites.

Ghalimi m'a précisé par courriel que "Les nouvelles technologies sont généralement adoptées d'abord par les petites entreprises, puis par les grandes."

Je reviendrai demain sur les entreprises les plus intéressantes et les conclusions générales que l'on peut tirer de la conférence.

[Photo d'Ismaël Ghalimi prise par Dan Farber de C|net]

 

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