Office 2.0 : "données dans le ciel" ou collaboration

Publié le 12 Octobre 2006

Ceux qui aiment bien se moquer de la formule "web 2.0" apprécieront peut-être cette phrase d'une dirigeante de Google venue présenter Google Docs & Spreadsheet (fusion de Writely et de Spreadsheet. Tout arroser de la sauce "2.0" lui semble aussi ridicule que de dire que "la voiture était la version 2.0 du carrosse".

Mais pour ceux que la version 2.0 des choses intéresse, la première journée de la conférence Office 2.0 s'est révélée passionnante. Elle a commencé mercredi11 octobre à San Francisco et se prolongera ce jeudi.

La discussion du matin m'a particulièrement plu. Il s'agissait de poser le problème, de dresser le tableau dans lequel se retrouver. Tâche plus difficile qu'on ne croit.

Ainsi Ismael Ghalibi Ghalimi, l'organisateur, s'est dépêché d'expliquer que Office 2.0 c'est "office online". Mais dès qu'on lui a donné le micro, Dan Farber, vice président de C|net a commencé par sourire de cette conférence dans laquelle tout le monde voulait rentrer "alors que personne ne sait exactement ce que c'est". Peu importe: il n'y avait plus de place.

Heureusement Farber avait pour tâche d'interviewer Esther Dyson pour qui "c'est facile à imaginer mais beaucoup plus facile à réaliser". A preuve, a-t-elle rappelé, tous ces pays, tous ces endroits du monde où il est si difficile d'avoir une connexion.

C'est bien joli estime-t-elle "d'envoyer ses données dans les nuages" (ce qui pose des problèmes de sécurité, de protection des données et de confiance qui sont loin d'être réglés) mais "l'essentiel ça n'est pas les données c'est la collaboration".

Dit autrement: "C'est moins ce que contient la tâche que la synchronisation". Or les logiciels ne semblent pas assez intelligents. "Nous ne sommes pas encore assez bons, estime-t-elle dans la gestion des processus." Pour résoudre ce problème il faut une certaine organisation et beaucoup de simplicité.

Un des orateurs est même allé plus loin: toutes ces fonctions qu'on essaye de mettre online, il faut non seulement qu'elles soient ultrasimples à exécuter si l'on veut qu'une majorité des travailleurs les adoptent. Il faut qu'elles soient invisibles.

Quiconque entend la formule "Office 2.0" est tenté de se demander qu'elle est la différence avec web 2.0. La réponse nous a été donnée par Andrew McAfee, professeur à l'école de business de Harvard pour qui "la plus grande différence est la présence des dirigeants, des cadres." Il n'y en a pas pour les usagers et on ne sait pas comment ils vont réagir dans le monde de l'entreprise face à ces technologies ouvertes et décentralisées qui donnent du pouvoir aux gens.

 

PS - Parmi les perles d'Esther Dyson: "Les inconvénients d'être petit sont en train de disparaître alors que les inconvénients d'être grand demeurent". Ou encore: "L'hybridité n'est pas une concession. L'hybridité est raisonnable".

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