Théorie des réseaux (2): le temps

Publié le 3 Octobre 2006

Seattlewtoseattlepostintelligencer A côté de la théorisation des mécanismes de la diversité (voir ce billet), une des avancées les plus significatives parmi ceux qui travaillent à l’élaboration d’une théorie des réseaux est l'introduction du facteur temps. C'est ce qui ressort clairement de l'Atelier qui s'est tenu à la mi-octobre au Annenberg Center de l'Université de Californie du Sud à l'invitation de Manuel Castells, Peter Monge et Noshir Contractor.

Les recherches classiques de ces ensembles de nœuds et de liens que sont les réseaux assument trop souvent que le nombre de nœuds de changent pas. L'accent, nous a expliqué Peter Monge, doit être maintenant mis "sur comment les nœuds et les liens croissent et déclinent avec le temps à mesure qu’ils coopèrent et sont en compétition avec d’autres nœuds et liens pour des ressources limitées”. Une approche évolutive des réseaux permet de mieux comprendre "leur émergence, stabilisation, transformation et, dans certains cas disparition".

Castellssocieteenreseaux Cette introduction du facteur temps a le mérite de "d’aider à expliquer comment différents mécanismes théoriques influences les structures très diverses de réseaux tels que l’internet, les réseaux neuronaux du cerveau et l’évolution de la société en réseaux".

"Il faut aller plus loin que la simple introduction du temps comme un élément," a proposé David Stark en se fondant sur son étude des investissements étrangers en Hongrie et leur relations avec les réseaux locaux. "Nous voulons introduire l'analyse historique des réseaux. [...] De la même façon que la signification d'un évènement ne peut pas être lue dans l'évènement lui-même,"a-t-il expliqué, "la signification d'un lien ne peut pas se lire dans le lien lui-même."

Il faut le contexte et notamment le contexte temporel jamais simple. Le temps de l'économie, par exemple n'est pas le même que celui de la politique il faut donc prendre en compte de multiples temporalités et de multiples processus.

Une des forces de la théorie des réseaux (je n'ose pas dire son attrait) c'est sans doute cette insistance sur la nécessité d'aborder les problèmes à de multiples niveaux.

Quant au temps, et dans le cas des réseaux sociaux en tous cas, il me semble qu'il n'est pas le même. Alors que les institutions se donnent très vite pour principale raison d'être leur propre survie, les activistes qui s'organisent en réseau se donnent volontiers, à côté d'objectifs limités pour leurs actions communes, un cadre temporel relativement restreint.

Je vous parlerai demain de la façon dont Manuel Castells conçoit la globalisation - c'est à dire l'espace global - comme un réseau de réseaux.

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