Théorie des réseaux : la diversité (1)

Publié le 2 Octobre 2006

Structuralholeburt A la mi octobre, j’ai passé deux jours au Annenberg Center de l’Université de Californie du Sud dans un Atelier sur la théorie des réseaux organisé par Manuel Castells qui y enseigne le semestre d’automne (au printemps il est à Barcelone), Peter Monge et Noshir Contractor auteurs d’un des livres les plus importants sur le sujet.

Cette théorie nous intéresse tous au plus au point. Les réseaux sont de plus en plus importants, notamment parce les TIC leur permettent d’être plus efficaces. Habitués aux hiérarchies nous avons perdu l’habitude de cette forme pourtant ancienne d’organisation. Saisir certains mécanismes de leur fonctionnement peut nous permettre de mieux évoluer en leur sein, de mieux les comprendre quand nous sommes amenés à participer à leurs activiter, à les utiliser ou à les combattre.

J’ai donc essayé de distiller ce qui me paraît essentiel autour de trois idées : les mécanismes de la diversité dans les réseaux ; l’importance de les étudier dans le temps et non pas seulement d’une façon statique ; ce qu’ils peuvent nous apprendre de l’organisation de l’espace aujourd’hui.

Commençons par la diversité.

Les meilleures places dans une organisation hiérarchique se trouvent généralement près du sommet. Dans un réseau pourtant, être à la périphérie peut représenter plus d'avantages que d'être près du centre, à condition de pouvoir se placer sur un "trou structurel" (structural hole).

Ainsi baptisée par Ron Burt, professeur à l'Université de Chicago, l'expression, d'abord obscure est en fait parlante et suffisamment imagée pour frapper. Les acteurs qui enjambent les trous structurels permettent à deux réseaux de communiquer par leur intermédiaire.

Ses récentes études sur les banquiers, courtiers et analystes financiers lui ont permis de montrer que les individus qui se trouvent dans ce genre de position gagnent plus d'argent que ceux qui sont fortement positionnés au sein d'un seul réseau. Ils se trouvent dans une position stratégique et les plus malins savent en tirer parti. Pour les réseaux, c'est une source d'ouverture et pour la société, une sorte de moteur de diversité.

Les meilleurs résultats de ceux qui se positionnent dans ces "trous structurels" s'expliquent par le fait qu'ils sont "exposés à l'hétérogénéité". "Quand vous êtes connectés à beaucoup de gens différents," explique Burt, "vous êtes obligés de réfléchir à ce que vous faites". Les limites tiennent au fait que les amis d'amis ne servent pas à grand-chose. Ce sont les contacts directs qui comptent (parce qu’ils contiennend en eux meme la valeur de leur reseau de contacts). "Toute la valeur est concentrée juste autour de vous. Elle tient à la façon avec laquelle vous vous connectez directement avec les gens" a-t-il expliqué. La bonne nouvelle est que ça s'apprend. Les dirigeants auxquels on explique comment ça marche obtiennent de meilleurs résultats.

Nous verrons demain ce qui s’est dit sur l’importance du temps et de l’espace dans la théorie des réseaux.

 

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