Entrerpise 2.0 (2): un défi pour la direction

Publié le 12 Septembre 2006

E2commcontinuumhinchsliffe Les technologies retenues par Andrew McAfee comme formant la base d'Entreprise 2.0 – recherche, liens, tags, RSS, extension, outils pour écrire des textes - ne devraient poser de problème à personne (voir ce billet).

Pour que tout cela fonctionne il faut en outre observer deux règles: la simplicité et une sorte de tolérance particulièrement délicate dans les entreprises aux hiérarchies profondément marquées.

La difficulté tient à l'état d'esprit qu'elles requièrent de la part des directions désireuses d'adopter une stratégie w2. Rien ne permet de le voir plus clairement que l'utilisation du mot "authorship" par Andrew McAfee, la capacité, essentielle dans web 2.0 - de devenir auteur, d'assumer une certaine auteur-ité antichambre de l'autorité.

Il faut, selon McAfee, s'efforcer de "ne pas imposer aux usagers [c'est-à-dire aux employés] la moindre notion préconçue concernant la façon de travailler ou comment les résultats devraient être catégorisés ou structurés". Cela implique un profond changement d'attitude par rapport aux intranets traditionnels sur la structure desquels la plupart des employés ne peuvent exercer aucune influence.

Le rôle de la direction

Le rôle de la direction dans tout cela n'est pas évident. Elle ne peut ignorer ni le fait qu'il ne suffit pas de mettre en place les outils pour que les employés les utilisent, ni les risques d'usage abusif de la liberté qui leur est donnée. Pour McAfee: "elles doivent commencer par stimuler et encourager le recours aux nouveaux outils puis se retenir d'intervenir trop souvent ou en faisant preuve d'une poigne trop lourde".

Mais, pourquoi, au fond, adopter une stratégie w2?

McAfee avance au moins trois raisons:

- Les employés ne sont pas satisfaits des instruments de communication et de recherche dont ils disposent sur les intranets traditionnels.

- Le plus important dans un projet est ce que l'on n'anticipe pas. D'où l'importance de laisser s'exprimer ceux qui sont en contact avec l'inattendu

- La plupart des outils en place aujourd'hui ne permettent ni de voir ni de partager les pratiques et les résultats (practices and output) des travailleurs du savoir. Elles renferment pourtant une partie essentielle des connaissances tacites, informelles de l'entreprise. Le recours aux technologies de base de web 2.0 au sein de l'entreprise permet de les rendre visibles parce qu'elles se préoccupent autant de ce que les gens font que de la recherche des connaissances elles-mêmes.

Êtes-vous convaincus?

Ceux que le sujet intéressent peuvent suivre la discussion sur le blog de McAfee.

[Illustration prise sur le blog de Dion Hinchcliffe qui participe activement à la conversation]

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