Inclusion digitale dans "L'espace des rêves"

Publié le 23 Août 2006

Riopequenoespacodossonhos "L'espace des rêves" est un édifice ultramoderne aux couleurs vivantes situé juste à l'entrée d'une des favelas de São Paulo. Contraste surprenant tant qu'on ne sait pas que l'argent a été fourni par une ONG italienne lié au syndical UIL (Unione Italiana del Lavoro).

"O Espaço dos sonhos" est un des "points de culture" créés à l'initiative du ministre de la culture, le chanteur Gilberto Gil, pour mettre en œuvre la politique gouvernementale "d'inclusion digitale" (j'y reviendrai demain).

Ça n'est pourtant pas par intérêt pour l'argent de l'État que la relation s'est établie mais, nous a expliqué Rosanna Cocco de l'UIL, parce que la méthodologie les intéressait. C'est l'ONG, explique-t-elle, qui a fourni les 18 ordinateurs utilisés pour les cours et l'accès gratuit et les 5 qui servent à l'élaboration de projets multimédias.

Il est tôt pour juger les résultats des Pontos de Cultura et l'Espaço dos Sonhos ne fait pas exception à la règle. Intégré au projet il y a cinq mois il en est encore à ses débuts, d'autant plus difficiles que la violence est très présente dans le coin depuis mai.

Ils hésitent parfois à sortir, mais 200 enfants se sont enregistrés. Dans la salle des ordinateurs réservée pour les cours et l'accès libre une demi douzaine d'adolescents naviguent sur le web. Ils ont un peu de mal avec les programmes mais peut être plus parce qu'ils sont en anglais que parce qu'il s'agit de software libre. Leur K Desktop Environment est, de fait, assez facile à utiliser. Conformément aux comportements constatés ailleurs, les filles chattent et les garçons jouent à des jeux plus ou moins violents.

Riopequenohacquer Rosanna est la première séduite par le programme qu'elle aide à appliquer. "Nous n'avons pas ça en Italie," dit-elle. "Je considérais l'ordinateur comme quelque chose de supérieur à moi. Ici on le bidouille. J'ai plaisir à apprendre à le dominer."

Mais il ne s'agit que d'un premier pas pour les "Pontos de Cultura" et elle se dépêche de rappeler que "l'objectif est d'utiliser toutes ces machines pour réveiller la créativité." Ça commence avec le recyclage des pièces d'ordinateurs (systématique dans les Pontos de Cultura) qui, quand elles ne sont plus utilisables leurs servent à faire des bijoux, des objets d'art.

Thays, la monitrice, approuve et rappelle que "l'informatique n'est pas une fin mais un moyen. Elle nous permet de découvrir qui, dans le quartier, chante bien ou dessine bien." L'essentiel, pour elle, c'est qu' "on se rend compte très vite qu'on a tort d'avoir peur. Tout ce fait entre pairs, ce qui aide. Tout le monde peut y arriver et c'est ça qui est merveilleux."

Riopequenobd Le but des plus motivés, explique Thays, c'est d'accéder à la salle multimédia où ils trouveront les ressources nécessaires pour enregistrer de la musique, produire des vidéos, lancer un journal ou une radio communautaire.

Les enfants son trop absorbés par leur jeux ou leurs conversations pour prendre part à nos échanges. Une des gamines s'est mise à composer les personnages de BD avec un des logiciels (libres) installés dans la machine.

[Photos prises par François Bar. Vous trouverez l'ensemble ici]

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