Brésil: petite synthèse "paulista"

Publié le 21 Août 2006

Riopequenopododeculturafbar J'aime bien commencer par les synthèses. Une très mauvaise façon de raconter des histoires... M'enfin... Voici donc en guise d'introduction mes impressions générales tirées d'un court séjour à São Paulo. C'est, à n'en pas douter, partiel, mais c'est un pan de la réalité brésilienne.

J'ai donc passé au début du mois d'août – j'y viens enfin – quatre jours dans la ville de Saint Paul pour me faire une idée des politiques suivies en matière de technologies de l'information.

J'ai été fasciné d'y trouver des gens ayant une vision cohérente de l'importance des TICs pour le développement économique du pays et dans la mise en œuvre d'une politique sociale. Cette vision est partiellement mise en œuvre avec une énergie considérable et on peut la voir en action. Le paradoxe est qu'il n'y a apparemment pas de "politique d'ensemble" du gouvernement mais une série d'incitatives qui se complètent. Elles ne sont pas nées avec mais ont prospéré depuis l'arrivée de Lula à la présidence.

Une partie essentielle de cette vision s'articule autour de trois plateaux:

Inclusion digitale: des efforts concrets pour faire participer des gens appartenant à des milieux sociaux défavorisés. Ça passe par la création de points d'accès dans les endroits où ils vivent. C'est le cas des "Pontos de cultura" créés à l'incitative du Ministère de la culture dirigé par Gilberto Gil. Il s'agit d'apporter les instruments de la création multimédia et de la connectivité dans des endroits reculés. J'y reviendrai. Un autre type d'intervention se fait sous la forme de "telecentros" où les gens des milieux pauvres peuvent apprendre à se servir d'un ordinateur et de l'internet. L'accent porte moins sur la créativité que sur la formation à l'outil de travail. J'en ai visité un. J'en reparlerai. L'objectif de l'inclusion digitale est double: elle donne des chances d'insertion sociale et professionnelle à des individus normalement tenus en marge et elle augmente le nombre de personnes capables de participer au développement technologique.

Software libre. Il n'est pas imposé mais encouragé tant par les administrations que par un certain nombre d'initiatives publiques et privées. Quand j'ai demandé à Sergio Amadeu qui a été un des artisans de cette politique auprès du Président Lula pourquoi il lui accordait une importance stratégique, il m'a répondu: " Ça n'est pas parce que c'est moins cher, c'est à cause du partage des connaissances. Le software libre permet l'autonomie. Il permet de devenir participant et pas seulement utilisateur." L'idée derrière tout cela c'est d'encourager l'appropriation des technologies par ceux qui y ont accès.

Faire des TIC un axe de développement du pays. Inclusion digitale plus software libre permettent d'aider vite un nombre important de gens à se servir des outils informatiques et à en créer. "C'est stratégique pour positionner le pays dans le monde global," m'a expliqué Sergio avant de préciser "Il ne s'agit pas de travailler en faveur d'un 'software brésilien' mais de travailler avec les autres aux développements de la science et de la technologie".

Voilà pour la vision d'ensemble. Celle que j'ai retenue en tous cas.

Le concret (visites et entretiens) suit.

[Photo du Ponto de Cultura "Espaço dos Sonos" prise par François Bar]

 

Commenter cet article