De journaliste à blogueur: une mutation difficile

Publié le 9 Août 2006

Espaodossonhosfbar J'écris ces lignes de São Paulo au Brésil où je suis en train de terminer un reportage éclair sur l'usage social des technologies de l'information.

J'y suis depuis trois jours et je n'ai pas encore blogué sur le sujet. Chaque soir j'ai envisagé de le faire. Chaque soir je me suis arrêté devant l'écran blanc. J'ai préféré, au dernier moment poster un billet simple et rapide sur une nouvelle plus ou moins curieuse trouvée dans mes fils RSS.

Tout ça parce que je n'ai pas fini ma mutation de journaliste à journaliste-blogueur.

Pendant de nombreuses années j'ai été habitué à me rendre dans des endroits intéressants, voir plein de choses, rencontrer des gens souvent passionnants pour distiller - en quelques feuillets - l'essentiel. Il fallait que les faits soient indiscutables, que le récit tienne la route et que le ton corresponde au public moyen du canard dans lequel l'article était publié.

Chaque fois – et comme tous mes collègues – je terminais avec plus d'histoires à raconter que d'articles publier. C'est sans doute pour ça qu'on nous invite à dîner ou à donner des conférences.

Le blog c'est autre chose (je le sais, je l'écris mais… j'ai du mal à en assimiler toutes les conséquences). Plus personnel, plus direct, ça ne demande pas d'avoir fait le tour du sujet et d'avoir tout vérifié.

Hier soir, par exemple, j'ai retranscris mes notes d'une visite à un "Ponto de cultura" une initiative du musicien Gilberto Gil qui est aussi ministre de la culture. Il y en a 600 environ dans tout le Brésil (en fait chaque interlocuteur me donne des chiffres différents). Ils sont équipés d'ordinateurs, d'outils pour produire du multimédia et d'un ensemble de programmes en software libre pour encourager la créativité des jeunes dans les endroits les plus défavorisés. Le discours officiel sur le sujet est enthousiasmant. La réalité à laquelle j'ai eu accès l'est un peu moins dans la mesure où le programme en est encore à ses début. N'ayant pas tous les éléments en main. J'ai préféré m'abstenir. J'ai sans doute eu tort.

Ma conclusion est que le réflexe juste du journaliste est l'erreur du blogueur.

Qu'en dites-vous?

[En attendant que je vous raconte cela en détails (j'y reviendrai à partir de samedi) vous pouvez toujours aller voir les photos prises par François Bar, ami et professeur de la University of Southern California, avec qui j'ai le plaisir de voyager.]

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