Transparence et internet dans une municipalité argentine

Publié le 4 Août 2006

Fernandotorillate_1 Morón, une municipalité du "grand Buenos Aires", a la réputation d'être une des plus branchées de l'Argentine… sans doute parce qu'elle a une page web. Martín Sabbatella, le maire (ou intendant dans le langage officiel local) est un indépendant de gauche élu en 1999 pour faire le nettoyage après les excès de son prédécesseur connu pour son amour privé des deniers publics.

La ville compte 330.000 habitants. Plus des trois quarts travaillent à Buenos Aires. 10% des foyers ont accès à l'internet mais, comme dans le reste du pays les cybercafés (ou locutorios) abondent. Ils offrent des lignes à haut-débit pour 25 centimes d'Euro l'heure. Tout le monde ne peut pas se l'offrir mais je n'ai entendu personne dire que c'était cher.

"Nous avons été élus avec le mandat d'en finir avec la corruption" m'a expliqué Fernando Torillate, responsable de la communication dans l'équipe du maire. Nombre des actions de la municipalité vont dans ce sens qu'il s'agisse de la licitation d'un contrat de ramassage des ordures discuté en assemblées publiques, ou de l'envoi trimestriel de l'état des comptes de la ville avec recettes et dépenses.

Le site est la traduction sur le web de cette politique de transparence. Il offre une quantité d'informations inhabituelle pour une municipalité argentine. Et pourtant, on peut n'y réaliser aucune transaction, aucune démarche administrative. C'est très clair pour les intéressés eux-mêmes.

"L'état de notre site ne nous satisfait nullement. Nous sommes surpris à chaque fois qu'on nous félicite pour ce qui s'y trouve" explique très tranquillement Torillate.

Ce qui est intéressant c'est d'essayer de comprendre pourquoi.

J'y reviens tout de suite.

[Photo de Fernandotorillate prise par François Bar]

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