Bloguer toujours / Pas le droit de bloguer

Publié le 31 Juillet 2006

L'étude du Pew Internet and American Life Project (voir ce billet) révèle qu'aux États-Unis les blogs politiques ne correspondent qu'à 11% du total. Cela ne les empêche pas d'avoir (ici et ailleurs) une importance considérable.

Les blogueurs israéliens et libanais sont nombreux. Lire leurs blogs donne un complément utile à qui veut avoir un sens des données humaines de ce conflit. Vous trouverez une liste en provenance des deux côtés sur The Truth Laid Bear.

L'autre facette du phénomène c'est que les blogs continuent à faire peur. Voici deux exemples récents.

A la suite des attentats de Mumbai, le gouvernement indien a décidé de bloquer l'accès à plusieurs blogs dont ceux que l'on trouve sur Blogspot. Il a ensuite parlé d'incident technique dans une tentative pour bloquer "deux pages impertinentes" mais le blocage était bien réel.

L'autre exemple est plus surprenant. Il s'agit de Christine Axsmith, informaticienne sous contrat pour la C.I.A. licenciée à la suite d'un billet dans lequel elle se prononçait contre la torture. Ni vous ni moi ne pouvaient le lire. Le blog n'était accessible - sur un réseau baptisé Intelink (informations ici) - que par les quelques fonctionnaires ayant le droit de lire les informations qualifiées de Top Secret: la crème de la CIA, du Pentagone et de la Maison Blanche, pour l'essentiel.

Le fait qu'elle l'aie posté après que la C.I.A. ait officiellement annoncé qu'elle appliquerait la convention de Genève n'a rien changé à la décision.

Que les autorités des organisations les plus secrètes des États-Unis aient décidé d'utiliser ce mode de communication ouvert entre ses agents est, en soi, remarquable. Axsmith avait écrit des billets allant de la guerre des idées au Moyen Orient à la mauvaise qualité de la nourriture servie à la cafeteria de la "Maison" (son billet le plus populaire). Elle a maintenant un blog public.

Selon le Washington Post "La C.I.A. dit que les blogs et autres outils électroniques sont utilisés par des gens travaillant sur les mêmes problèmes pour échanger informations et idées." Des responsables ont donc considéré que la discussion est bonne même à ce niveau. Ça devrait nous faire réfléchir.

En censurant ainsi quelqu'un qui s'exprime librement les chefs réduisent à néant la fonction de cette ouverture. Qui osera soulever des questions épineuses après cela?

Cette anecdote extrême pourrait servir de réflexion aux organisations qui décident de s'ouvrir et qui prennent peur dès que la discussion leur échappe. Une tentation trop fréquente.

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