Où l'on reparle du web 2.0 (2) – Homo conexus

Publié le 27 Juillet 2006

[Je suis en Colombie pour participer à une discussion sur le journalisme en Amérique Latine organisée par la Fundación Nuevo Periodismo. Les orages tropicaux ont perturbé mon voyage... d'où ce retard dans mes billets que je regrette. De là j'irai en Argentine et au Brésil... Nous en reparlerons.]

Dans Homo conexus, un article publié le 11 juillet dans la Technology Review, James Fallows, a relancé le débat sur web 2.0 (voir ce billet) en s'appuyant sur une aventure qu'il qualifie lui-même "d'' expérience journalistique de vie exclusivement web 2.0": quinze jours consacrés à basculer sur le web (et pas seulement sur son ordinateur) le plus grand nombre possible d'activités.

L'expérience peut surprendre. "C'est un peu comme évaluer l'utilité d'une automobile en renonçant à sa chambre pour dormir sur le siège arrière de sa voiture pendant deux semaines," commente Tim O'Reilly le patron de O'Reilly Networks. Ça n'empêche pas Fallows d'en tirer quelques analyses intéressantes.

Au niveau technique il fait d'Ajax la clé de voute technique du système ce qui est une simplification excessive.

L'approche pragmatique lui permet, outre les sites connus (Flickr, YouTube, Skype, etc.,) de nous en indiquer d'autres comme Dodgeball.com (qui permet de retrouver ses amis dans un lieu public), Zillow.com (qui donne la valeur des maisons aux États-Unis), ou iOutliner.com (qui permet de faire des plans d'articles ou de livre).

Sur le fond, Fallows affirme d'abord: "Le nouveau web est analogue et non digital." Il entend par là qu'il n'est pas le résultat d'une seule innovation considérable. Il s'agit plutôt d'un continuum d'idées pas toutes révolutionnaires.

Mais, se dépêche-t-il d'ajouter: "Le nouveau web est digital, pas analogue." Il ironise sur la contradiction avec son premier point mais précise que "l'intelligence collective que web 2.0 est censé organiser est plus impressionnante quand elle envoie des messages différenciés sous la forme oui-ou-non et bien moins bonne quand elle essaye d'offrir des jugements nuancés." Sur eBay les commentaires permettent de savoir si un vendeur est bon ou mauvais. Par contre, les suggestions faites par Amazon ou Pandora pour orienter ses achats en nuance ne le convainquent pas.

Une des faiblesses de web 2.0 est que "en fait nous ne vivons pas online".  Le lien qui manque c'est celui qui permet d'accéder à ce nouvel univers quand on n'est pas en face d'un clavier. Et ne lui parlez pas de PDAs ou de téléphones mobiles: "leurs écrans sont petits et mauvais et leurs claviers sont encore plus petits et pires".

L'essentiel à comprendre c'est que tout ça repose sur la confiance qui est aussi affaire de générations: "l'ère Web 2.0 appartient à des gens plus jeunes et plus confiants" que lui, estime-t-il.

L'expérience pratique menée par Fallows ne manque pas d'intérêt. Elle risque de retenir d'autant plus de retenir l'attention qu'elle a déclenché une nouvelle approche de Tim O'Reilly dont je parlerai… demain.

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