Where 2.0 (5): Les obstacles à la localisation

Publié le 13 Juillet 2006

[Les vacances se terminent déjà. Retour à la vie normale samedi]

Mike Liebhold, de l'Institut pour le futur de Palo Alto, attribue le retard relatif de la localisation à ce qu'il qualifie d'"obstacles structurels". Économique d'abord. "Mon téléphone mobile sait où je suis mais la compagnie refuse de me donner l'information," nous a-t-il expliqué. "Elle espère me la vendre très cher un de ces jours."

La multiplicité des technologies de localisation complique l'affaire. Chacune (antennes des compagnies de téléphonie mobile, GPS et satellites, WiFi, Bluetooth) ne fonctionne que sous certaines conditions. Placelab, un logiciel libre développé par Intel et l'Université de Washington permet d'intégrer les informations de localisation en provenance des différentes technologies. Mais ça n'est pas suffisant.

Malgré le recours aux coordonnées traditionnelles de la longitude et la latitude, l'absence de standard pour donner une information sur un lieu (géocode) complique encore le tableau. Chacun des trois grands (Google, MSN et Yahoo) a son système et ne se dépêche pas (notamment le premier) de chercher un point d'entente. De ce fait "recherche et indexation sont impossibles". Un des espoirs souvent mentionné pendant la conférence vient de l'accord croissant sur GeoRSS, une technologie simple qui pourrait être acceptée comme standard "par la communauté des cartographes avant de l'être par les entreprises du web" paralysées par leurs rivalités.

Dernier point selon Liebhold, et c'est peut-être le plus intéressant, on ne sait pas clairement ce que les gens sont prêts à faire avec de telles informations géographiques. "Les types d'utilisation ne sont pas bien compris. Il y a beaucoup d'investissements dans la technologie et dans la recherche de bénéfices accrus, mais très peu d'études sur l'utilisation."

Nous ne pouvons pas oublier, enfin, que la localisation a aussi de quoi inquiéter. Elle correspond trop à la peur d'une société dans laquelle il n'y aurait plus de secret, plus de vie privée. C'est diffus mais pour Liebhold "La peur qui intervient ici n'est pas celle d'aujourd'hui. C'est une peur latente que suscite l'éventuelle participation de gens vraiment dangereux à de futurs gouvernements."

Curieusement c'est peut-être le potentiel économique des technologies de localisation qui freine leur développement. On attend beaucoup de la publicité locale mais "les gens qui construisent leur vie autour du shoping ne sont pas très nombreux" ont écrit les organisateurs de la conférence dans un document qui a circulé avant qu'elle ne commence. Ils ajoutaient: "Dans le passé l'argent a plutôt contribué à éloigner les services de ce qui peut être utile pour développer ce qui peut être commercialisable."

 

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