Démocratisation de l'information et relation médecin-patient

Publié le 27 Juin 2006

Bloodtestcellphone San Mateo, Californie - A peine débarqué de l'avion qui me ramenait d'un voyage de 12 jours en Europe, je me suis retrouvé dans une conférence organisée par The Institute For the Future sous le titre "Mapping the Global Health Economy".

C'est la première fois que j'assiste à une conférence sur ce sujet mais, depuis quelques mois, j'ai vu que Silicon Valley y porte un intérêt croissant. Cela s'explique sans doute par la convergence de la biotechnologie et de l'informatique, présentes toutes les deux dans la région de la baie de San Francisco et amenées toutes deux à jouer un grand rôle dans la médecine de demain.

Dans sa présentation intitulée "Mash-up medecine" Jamais Cascio, l'orateur principal de la réunion, nous a montré comment les technologies de l'information sont en train de révolutionner la médecine (je ne saurais trop vous conseiller son blog Open The Future).

Il retient quatre grands axes"

- Le web citoyen, celui de la participation accrue et des réseaux sociaux. Un exemple nous est donné par WikiHealth, un wiki sur les questions de santé très influencé par Wikipedia;

"Everyware", la nouvelle formule à la mode lancée par Adam Greenfield pour parler de l'informatique omniprésente (y compris dans les objets) qui nous permet d'être connectés en permanence (Everyware s'écrit comme software ou hardware, mais avec un jeu de mot: ça se prononce comme "everywhere" qui veut dire "partout").

- La science Open Source. Elle a deux versants: Open access, accès aux résultats ouverts à tous (c'est le cas de Public Library of Science) et Open source: la participation de "tous" au processus de recherche (BIOS ou Biological Innovation for an Open Society en constitue un bon exemple).

- Les appareils mobiles – à commencer par le téléphone – qui permettent de suivre de près les patients aussi bien que l'environnement dans lequel ils se trouvent. Les Archives of Dermatology par exemple, ont publié une étude montrant que pour certains ulcères de la jambe un diagnostic effectué sur la base d'une photo prise avec un téléphone portable est aussi bon que s'il repose sur une visite personnelle dans 94% des cas.

La question centrale selon Jamais Cascio est de comprendre l'impact qu'aura la démocratisation de l'information – quand le malade en saura, ou croira en savoir, autant que les spécialistes – sur la relation médecin-patient. C'est d'autant plus compliqué que ce savoir parviendra en partie d'informations données par des non-spécialistes.

Voilà encore une relation d'autorité remise en cause par les TIC. Vue l'importance du sujet dans notre vie à tous nous avons peut-être intérêt à réfléchir par deux fois avant de donner une réponse.

Prenez votre temps…

[Illustration de "Blood tests on a cell phone" trouvée sur le blog Pecesama]

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