Plein de bonnes idées sur la numérisation des livres

Publié le 20 Juin 2006

Computersinterconnectionorg "L'intérêt primordial" de la numérisation des livres est la mise du savoir à la disposition de populations qui sans cela n'y auraient pas accès, notamment dans le sud.

C'est sur cette idée forte, lancée par Ahmed Douache depuis l'Algérie qu'a démarré notre troisième Skypecast (voir ce billet). Interrogé sur le paradoxe qui tient au fait que pour le moment l'accès aux TIC est encore limité, il a répondu en parlant d'un saut qualitatif en cours de réalisation depuis quelques années.

Son point de vue a été fortement repris par Antoine Tran pour qui "la surinformation n'existe que dans les pays développés". Ailleurs le problème est strictement inverse. Il appelle à la multiplication d'initiatives du type "un ordinateur par enfant" (voir ce billet), à son extension au contenu. Antoine estime qu'il devrait y avoir "une bibliothèque électronique dans chaque village".

Nous étions 14 et les participants, largement favorables à la numérisation des livres, ont abordé des aspects différents dont une invitation à y participer directement qui permet d'aborder le sujet de façon beaucoup plus riche.

Des idées en cascade

Paola qui s'est jointe à nous depuis Francfort apprécie que les discussions suscitées par les livres n'en soient plus séparées (l'idée de Bob Stein évoquée dans ce billet) et que les bibliothèques deviennent d'énormes constructions collectives.

Benjamin a appris en étudiant le cinéma à Los Angeles qu'il est "idiot de penser qu'on est le seul créateur d'une œuvre," une évidence pour les films qui s'applique aux livres.

Toujours dans le même fil, ce qui illustre parfaitement la notion de discussion à laquelle tous ceux qui le souhaitent peuvent participer, Skiziriko (c'est son pseudo sur Skype) a rappelé la distinction essentielle entre essais et fiction. Il est, dans cette dernière catégorie du moins, très attaché à la notion d'œuvre.

Reprenant la balle au bond, Loiez nous a invité à envisager de nouvelles formes de littérature, un peu dans l'esprit, par exemple, de ce que fait Thierry Théolier, a.k.a THTH sur son blog "Crevard". Au début du Skypecast, Loiez avait attiré notre attention sur une autre technologie de l'information qui consiste à doter les livres-papier d'une étiquette RFID pour les suivre à la trace. "La manière dont ils circulent est aussi importante que la façon dont ils sont conçus" nous a-t-il expliqué.

Couv_la_pensee_chinoise Coup de cœur

J'avoue avoir eu un coup de cœur pour l'intervention de Pierre Palpant un retraité qui se consacre depuis trois ans à la numérisation d'ouvrages sur la Chine ancienne en partant du livre de Marcel Granet La pensée chinoise. Il a enrichi la version digitale e milliers de liens hypertextes. "C'est passionnant de pouvoir suivre toutes les références de Granet," nous a-t-il confié et je veux bien le croire. Allez donc vérifier par vous-même en suivant ses conseils sur la façon d'utiliser la collection hébergée sur le site Les classiques des sciences sociales de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Ce genre d'initiative vient ainsi ajouter un quatrième mode de numérisation à côté de l'entreprise de Google, de celle de la Open Content Alliance et de l'effort européen promu, entre autre par Jean-Noël Jeanneney et la Bibliothèque de France (voir ce billet).

La vraie valeur de l'initiative de Pierre Palpant (il doit y en avoir d'autres qu'il serait intéressant de connaître) est triple:

- elle réside dans le choix amoureux des ouvrages,

- dans l'établissement patient de ces liens qui permettent de les connecter les uns aux autres,

- et dans le fait que nous pouvons tous y contribuer en suivant nos propres passions.

Resterait ensuite à connecter ces initiatives…

Qu'en dites-vous?

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