Le futur du livre (4): numérisez à tour de bras!

Publié le 8 Juin 2006

Fromoldbooksorg Je reprends ici une série de billets sur la digitalisation des livres écrits à partir d'un article publié dans le New York Times Magazine par Kevin Kelly, un des gourous de la cyberculture (voir ces billets: un, deux et trois). Un entretien avec Bob Stein, directeur de l'Institut pour le futur du livre permet d'aborder le problème sous un double regard américain.

La thèse de Kelly tient en une phrase qui sert de titre à son article: "Scan this book!" scannez ce livre! Tous les livres.

Sur ce point Stein est d'accord. "Je ne peux pas imaginer un argument contre" m'a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique. "Ne serait-ce que pace que ça permet d'effectuer des recherches sur le contenu. Imaginez quelqu'un travaillant sur la présidence de Truman en 1948. Elle pourrait trouver ce qui a été écrit sur le sujet dans tous les livres. Ça serait une aubaine pour le discours intellectuel."

L'obstacle principal tient aux lois de copyright (littéralement "droit de copie") issues du monde des œuvres analogues. Dans son article, Kevin Kelly, explique que les protections d'hier sont étendues alors même qu'elles cessent d'être justifiées.

Au moyen âge, copier coûtait une fortune. Gutenberg a cassé les prix. Aujourd'hui reproduction et transport sont pratiquement gratuits. Le monde change et les lois conçues au temps du livre analogue ont pour effet pratique d'interdire l'accès à 75% de tous les livres jamais publiés: ceux qui, produits avant qu'auteurs et éditeurs aient recours aux ordinateurs, et ne sont pas encore dans le domaine public.

Kelly croit en "un impératif moral de digitaliser" tous ces livres pour les rendre accessibles à tous dans le monde entier. N'en déplaise à ces messieurs des maisons d'édition.

Au lieu de poser le problème comme une bataille culturelle il le voit comme "un choc de business models."

Pratiquement gratuites, les copies "ne sont plus la source de la richesse. Ce sont, maintenant, les relations, liens, connexions et la possibilité de partager. La valeur s'est déplacée de la copie vers toutes les façons que l'on a aujourd'hui d'obtenir, annoter, personnaliser, éditer, authentifier, exposer, marquer, transférer et dialoguer avec une œuvre" Les maisons d'éditions savent exploiter l'un et les moteurs de recherche l'autre.

Mais là discussion ne s'arrête pas ici. Kelly fait confiance à Google alors que Stein y voit une entreprise particulièrement dangereuse...

La suite très bientôt.

Mais avant, je suis curieux de savoir qui n'est pas d'accord avec cette idée.

[Image trouvée sur FromOldBooks.org]

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