Futur complexe. Peut-on s'y retrouver?

Publié le 23 Mai 2006

Vrystalballflickr87337485_55de1e001d Certains pensent qu'on ne peut pas prévoir le futur, surtout dans le monde des affaires. D'autres remarquent que toute personne y parvenant n'aurait pas intérêt à partager ses trouvailles (pour mieux amasser une fortune). Mark Anderson dément les uns comme les autres. Il a construit son entreprise sur sa capacité de publier des prévisions… utiles.

A tel point que plusieurs dizaines d'investisseurs et de responsables de la technologie de boîtes variées - grosses (Michael Dell était là) et modestes - payent près de 4.000 dollars par tête (san compter ni l'avion ni l'hotel) pour se retrouver chaque année au mois de mai à San Diego.

Ils y discutent, dans le cadre de la conférence Future in Review, de ce à quoi pourraient ressembler les cinq prochaines années d'une façon apparemment désordonnée (voir ce billet, celui-ci et celui-là).

Très ouverte, la palette des sujets abordés inclue – entre autres - les problèmes posés par de nouvelles modélisations des marchés financiers, l'impact du prix du pétrole, la pénétration de la téléphonie mobile à haut débit, les avancées et les fragilités de la Chine, de l'Inde ou du Japon, les décisions d'Evo Morales, la "philanthropie stratégique", ou les sérieux retards américains dans le domaine de l'éducation et de la santé.

Mark Anderson m'a expliqué sa recette pour cette conférence très particulière de la façon suivante: "Mon seul travail consiste à deviner, par exemple, que la technologie sera le point sensible (pressure point) le plus important pour tout se qui touche à l'énergie au cours des cinq prochaines années, puis de trouver la personne la plus intelligente pour en parler." Il peut s'agir, en l'occurrence, des technologies pour trouver plus de pétrole, pour le distribuer ou en fixer les prix de manière plus efficace, ou pour le remplacer par d'autres sources moins polluantes.

La vraie valeur de cette prestation tient à la diversité des thèmes abordés. L'art ne consiste pas à faire telle ou telle prévision sectorielle qui, isolée, n'aurait guère d'intérêt, mais à saisir les interactions possibles. A chacun ensuite de dresser sa propre carte pour s'y retrouver… ou s'y perdre.

Personnellement, cette histoire de prevision de l'avenir m'amuse mais me laisse sceptique. La diversité, par contre, antichambre de la complexité, m'intéresse. Réunir des gens de bon niveau pour évoquer les tendances qu'ils jugent les plus porteuses aujourd'hui dans des domaines et des registres variés voilà un exercice utile. Mais c'est moins vendeur que de dire qu'on va parler du futur.

Qu'en dites-vous?

 

[Photo prise par FlickrJunkie]

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