Les émotions des propriétaires de robots (et celles de leurs délicieuses petites machines)

Publié le 17 Mai 2006

Irobots_main Je reviens de deux jours à San Diego où j'ai assisté à l'essentiel de la conférence Future in Review organisée chaque année par Mark Anderson.

Parmi les sujets à retenir (il y en a plusieurs sur lesquels je reviendrai dans mes prochains billets), j'ai été frappé par les émotions que suscitent les robots. Patron de iRobot, une boîte qui fabrique des robots pour militaires et pour intérieurs bourgeois, Colin Angle est bien placé pour avoir des idées sur le sujet.

Les deux vedettes de son service domestique sont Roomba et Scooba conçus l'un pour passer l'aspirateur et l'autre la serpillère (voir ce billet). On finit par s'y attacher.

Lorsqu'un appareil cesse de fonctionner, son service après-vente tend à demander au client de renvoyer l'appareil comme c'est la coutume aux États-Unis. Certains s'y refusent tout net en alléguant que "vous allez m'en envoyer un autre et il ne sera pas le même." Difficile de leur faire comprendre qu'il s'agit d'une machine.

En Irak, les robots militaires sont en général pilotés à distance par des humains. Colin raconte qu'un jour le soldat chargé de l'un d'entre eux, qu'il avait baptisé Scoobidoo, n'a pas supporté de le voir à moitié détruit par une bombe. En pleurs, il est allé ramasser les morceaux et les a rapportés aux ingénieurs en les pressant de lui redonner vie.

Outre le marché militaire, en pleine croissance comme on l'imagine sans peine, iRobot parie sur les personnes âgées. "Les robots peuvent réduire le conflit entre la réduction de notre capacité à prendre soin des seniors et l'augmentation de leur nombre," estime-t-il.

Angle n'est pas sûr qu'un robot soit "presque comme une personne" mais il constate qu'ils entraînent immanquablement des réactions émotionnelles très fortes: "Il est difficile de bavarder avec sa machine à laver la vaisselle ou avec son frigo, mais avec un robot, on peut."

Les progrès de la technologie rendront bientôt possible de leur transmettre certaines émotions (quand ils pourront mieux reconnaître les nuances de la voix ou les changements d'expression du visage). Ça risque d'avoir l'air un peu bizarre.

Même pour lui, il y a une limite: "Quand les robots commenceront à se parler entre eux parce qu'ils se sentent seuls, ça risque d'être assez pour moi."

Et pour vous?

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