Un 1er mai latino et des réseaux sans chef

Publié le 2 Mai 2006

Boycotthexodus Pour la première fois depuis très longtemps, les États-Unis ont fait attention au 1er mai, une date que d'habitude ils ignorent. Nous devons cela au fait que les Latinos avaient appelé à un boycott général pour protester contre le durcissement des lois sur l'immigration.

Des millions de gens (au total) ont défilé dans les rues, ne sont pas allé au travail et se sont abstenus d'acheter, de consommer.

Les bilans mitigés ne manqueront pas, mais on ne peut qu'être surpris par la force d'un mouvement qui n'a pas de leader, pas de stratégie apparente et donc, pas de direction claire.

C'est cette absence de leaders qui m'intéresse.

Il n'y a ni Martin Luther King, ni Cesar Chavez, ces dirigeants qui avaient en leur temps joué un rôle déterminant dans l'avancée du mouvement des Droits civiques et dans celui des Chicanos.

Un dirigeant charismatique était alors indispensable. Il attirait l'attention des médias, servait de point de référence, diffusait les mots d'ordre et s'assurait, par ses discours, qu'ils portent loin.

Ils sont moins nécessaires aujourd'hui. C'est à la fois une question de culture et de technologie. La mobilisation s'est faite largement grâce aux radios et aux télés hispanos, très nombreuses. Mais les réseaux sociaux (associations, églises, groupes de solidarités etc.) ont joué un rôle considérable. Ils peuvent maintenant coordonner leurs actions et s'informer l'un l'autre sur ce qui se passe ailleurs grâce à l'internet.

C'est peut-être cela qui est en question dans les formes d'expressions politiques que permettent les technologies de l'information et de la communication. Elles contribuent à l'efficacité des réseaux et, pour les spécialistes que sont John Arquilla et David Ronfeldt, l'absence de chef peut même être une source de force.

[Photo trouvée sur Flickr et prise à Los Angeles par un photographe qui signe hexod.us]

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