Web 2.0 – La dimension business (5)

Publié le 1 Mai 2006

L'architecture de participation implicite dans Web 2.0 dont j'ai parlé vendredi dernier a de quoi intéresser les activistes… et les hommes d'affaires. (Avec ce billet je finis ma série sur Web 2.0, voir ici. Il y en aura d'autres, bien sûr, mais de façon discontinue.)

Web20_porcesstechnosight_1 Le business n'a rien contre la participation des consommateurs. Au contraire.

Le succès de Google comme moteur de recherche tient à l'utilisation des liens établis par d'autres entre eux. La croissance d'eBay se doit strictement à l'interactivité entre les usagers. Amazon vend des produits qu'on peut trouver ailleurs, mais compte sur sa véritable "science" de la participation des consommateurs qu'elle sait susciter mieux que beaucoup d'autres.

Il en va de même pour la publicité. Au lieu de chercher des accords avec les sites les plus importants comme on faisait du temps du Web 1.0, Google permet à chacun de venir se servir sur son site. Conséquence essentielle, au lieu de limiter la pub aux gros, on la retrouve sur des sites peu connus. Ça permet de rentabiliser la "longue queue", la multiplicité des petits qui, pris ensemble sont une source de revenus appréciables.

Tous ces sites, toutes ces applications gèrent des quantités considérables de données… que nous leur fournissons. A un tel point qu'O'Reilly suggère (dans un autre texte) de les qualifier de infoware au lieu de software. Définition: "le software traditionnel insère des petites quantités d'information dans un gros paquet de software; infoware insère de petites quantités de software dans un gros paquet d'informations."

Pour conclure, je voudrais synthétiser ces billets autour de deux idées simples. Selon Paul Graham, essayiste et programmeur, les fils communs à tous les points abordés sont "la nature inhérente au web qui émerge de dessous les modèles brisés qui avaient été imposés pendant la bulle".

Pour le consultant Ken Yarmosh, c'est encore plus clairement : "une tentative pour construire le web autour des gens et non pas autour de la technologie".

Retour aux sources, ouvertures sur les gens. Ça semble marcher. L'effervescence est de nouveau perceptible dans Silicon Valley (voir ce billet). Mais aujourd'hui les projets à succès sont lancés par des entrepreneurs de moins de 30 ans. Seuls ceux qui ont connu l'internet au berceau semblent capables d'opérer cette transition attendue ver le web tel qu'il est et non plus en fonction de modèles ayant fait leurs preuves ailleurs.

D'une certaine façon, Web 2.0 est peut-être l'équivalent pour le web de ce qui s'est passé dans les années soixante quand on est enfin passé de la radio avec images à la vraie télévision. Il était temps.

 

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