Web 2.0 - "lâchement accouplés" (3)

Publié le 26 Avril 2006

Dans son essai fondateur, Tim O'Reilly, qui est l'un des parrains de l'expression et de la vague Web 2.0 (voir ce premier billet) propose un élément clé pour comprendre comment opère la technologie (voir la suite ici) dans Web 2.0.

Tous les modules, morceaux applications sont "loosely coupled" (littéralement: accouplés lâchement. Si quelqu'un veut bien me signaler la traduction officielle je lui en serai reconnaissant). Il s'agit en fait d'un attribut de certains systèmes informatiques qui met en avant la flexibilité en travaillant les interfaces de façon à réduire les risques de conflit en cas de changement dans l'un des modules.

Web20joiningthedots C'est ça qui permet les mashups dont je parlais hier, l'accouplement d'applications étrangères, le travail avec des données de sources différentes. Cette flexibilité va de paire pair avec le fait que les logiciels sont de plus en plus conçus comme des services et non plus comme des produits et qu'au lieu de les modifier de façon plus ou moins profonde tous les deux ou trois ans, on les ajuste constamment.

La nouveauté vient des services qu'on marrie marie, mais les technologies sont rarement nouvelles comme l'ont signalé à juste titres plusieurs commentaires aux billets antérieurs. J'ajoute (comme l'avait signalé un certain "Arnaud Nyme") que l'expression elle-même est une contradiction par rapport à ce qu'elle prétend désigner. Le terme de "2.0" emprunte au modèle traditionnel de production de logiciels par versions, c'est-à-dire par à-coups alors que les entreprises Web 2.0 avancent par petits pas progressifs (toutes les demi-heures sur Flickr… à un certain moment comme le rappelle O'Reilly dans son article).

Donc: Web 2.0 se caractérise moins par ses techniques nouvelles que par l'accouplement de techniques existentes et les avancées se font de façon millimétrique et incessante.

Curieusement une des simplifications les plus utiles à la compréhension du phénomène nous est fournie par John C. Dvorak, critique sévère du terme. Dans un article intitulé "Web 2.0 Baloney"(Bêtises Web 2.0), il nie l'existence de la moindre nouveauté et définit ainsi le terme: "A mes yeux, l'élan derrière Web 2.0 est l'effort pour rendre plus efficace le web "do it yourself" (fais le toi-même)."

C'est peut-être le moment de rappeler cette phrase d'O'Reilly signalée dans un billet antérieur: la "dimension 2.0 n'est pas quelque chose de nouveau, il s'agit plutôt d'une réalisation plus pleine du vrai potential de la plateforme web."

Et ce vrai potentiel passe en grande partie par la mise en relation des gens et les affaires potentielles qui en résultent.

A suivre…

[Le graphique provient du site JoiningDots dont l'auteur s'intéresse à "ce qui se passe quand les gens, l'information et la technologie entrent en collision"... Intéressant.]

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