Les entreprises "plateformes" (2)

Publié le 11 Avril 2006

Je continue dans la ligne du billet d'hier: les entreprises conçues comme plateformes sur lesquelles fournisseurs, associés et clients vont s'approvisionner ou vendre en fonction de leurs besoins ou de leurs ressources, par opposition aux entreprises traditionnelles qui ont l'habitude de "pousser" produits ou services vers les gens en suivant un programme préétabli.

La valeur de ces nouveaux modes de production tient au fait qu'ils "suscitent l'innovation, accroissent les opportunités de collaboration et sont bien plus efficaces en termes de mobilisation des ressources de tierces parties".

Le modèle proposé par John Hagel et John Silly Brown leur permet d'expliquer plus clairement pourquoi la force d'une entreprise dépend "moins de ce qu'elle possède et plus des ressources appartenant à d'autres qu'elle est capable de mobiliser."

Leur approche concerne aussi les pouvoirs publics qui doivent, expliquent-ils, "passer des vues conventionnelles de politiques gouvernementales de style "push" dans lesquelles les besoins sont déterminés à l'avance, généralement sous la forme d'investissements faits du haut vers le bas pour résoudre ces besoins" à des formules moins directives dans lesquelles ce sont les gens qui font appel à l'offre gouvernementale en fonction de leurs besoins, à mesure qu'ils changent.

Nous en sommes encore aux tous débuts de ce nouveau "modèle de bon sens" comme le décrivent Hagel et Seely Brown, mais les "pull plateformes" devraient s'imposer pour au moins deux raisons déterminantes à l'heure de l'internet et de l'économie des connaissances.

Elles contribueront à l'accélération, plus profonde de notre changement d'identité à mesure que nous passons "de consommateurs à créateurs connectés en réseaux". Et surtout, "les modèles "pull" de mobilisation des ressources sont essentiels pour libérer "l'économie de la longue queue" qui permet de parier sur la diversité par opposition à la production de masse et de passer à une économie en réseaux plus flexible et plus diversifiée (voir les billets précédents traitant de ce sujet).

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