Les entreprises "plateformes" (1)

Publié le 10 Avril 2006

Les règles du bon sens (common sense) dont il est conseillé de tenir compte pour bien gérer une entreprise, sont en train de changer. La meilleure façon de mobiliser des ressources passe d'un modèle "push" où l'on pousse les choses vers les gens en suivant un programme prédéfini à un modèle "pull" où on leur propose une plateforme sur laquelle ils vont s'approvisionner ou vendre en fonction de leurs besoins ou de leurs ressources.

On comprend mieux l'évolution d'un nombre important d'entreprises de pointe en les abordant comme des "réseaux de processus globaux" (global process networks) estiment John Hagel (consultant et auteur reconnu) et John Seely Brown (ancien directeur du fameux centre de recherche Xerox PARC) deux des analystes les plus respectés de Silicon Valley. Voir leur essai "From Push to Pull- Emerging Models for Mobilizing Resources" (De Push à Pull - Modèles émergents de mobilisations des ressources).

Un des cas les plus clairs est celui de Li & Fung une société chinoise de Hong Kong qui orchestre plus qu'elle ne commande "7.500 entreprises associées dans 37 pays pour obtenir que les partenaires spécialisés voulus se mobilisent pour la production de chandails de laine de qualité, mais font appel à un groupe totalement différent pour produire et distribuer les pantalons pour hommes en fibres synthétiques".

"L'accroissement de l'incertitude" et le "pouvoir accru des consommateurs" jouent un rôle déterminant.

Le modèle push traditionnel est meilleur dans un environnement où tout étant prévisible on peut planifier la production. Aujourd'hui, sous la pression notamment de la compétition et des changements de goûts plus rapides, il semble plus intelligent de présenter des plateformes sur lesquelles les personnes viennent se servir en fonction de leurs besoins à mesure qu'ils évoluent.

C'est encore plus vrai quand les clients disposent "des outils pour créer leurs propres outils et leurs propres services court-circuitant ainsi des couches entières de vendeurs de produits et de services". On en trouve de limpides exemples dans les médias online avec les tags, blogs et autres podcasts et dans l'enseignement en ligne.

Parmi les multiples différences qu'ils prennent en compte dans leur opposition entre "push programs" traditionnels et "pull platforms" émergentes, nous en retiendrons quatre qui résonnent forts dans la culture de Silicon Valley. L'architecture émerge de la pratique au lieu d'être prédéfinie. L'initiative décentralisée s'oppose au contrôle centralisé. Les modules sont reliées de façon souple (loosely coupled) et non rigide. L'innnovation, enfin, prime sur l'efficacité.

A suivre...

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